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Le projet de Descartes de révolutionner les sciences par l’enseignement de sa méthode

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Michel Bélanger : UQAR - Université du Québec à Rimouski

Résumé de la communication

Descartes a été un ardent promoteur d’une approche mécaniste en science, selon laquelle les phénomènes naturels devaient être approchés par des concepts spatiaux. La principale cible de cette critique était la pensée scolastique donnant aux formes aristotéliciennes, conçues comme des déterminations internes aux phénomènes. Depuis l’affaire Galilée en 1632, il était convaincu que ce recours aux formes constituait un puissant obstacle conceptuel prévenant l’avènement d’une science mécaniste. Pour Descartes, l’usage du concept de formes n’était que le produit d’habitudes animistes acquises tôt par les enfants, puis subséquemment renforcées par l’éducation scolastique traditionnelle. Alors que Descartes voyait les opposants à son approche mécanistes comme possédant une pensée rigidifiée formée d’habitudes conceptuelles rendues difficilement renversables, il entrevoyait avec plus de facilité la possibilité d’éduquer les jeunes esprits. Ainsi, la pédagogie a été le véhicule prôné par Descartes pour accomplir sa révolution mécaniste. D’abord avec ses Méditations, publié en 1641, puis avec ses Principes de philosophie, publié en 1644, il a invité ses lecteurs à se distancer de leurs habitudes conceptuelles en place pour ensuite se discipliner à utiliser les concepts mécanistes. Cette grande attention accordée au pouvoir des représentations en place chez les apprenants constitue un thème qui émergera avec force en didactique des sciences à la fin des années 1970.

Résumé du colloque

L’éducation est un phénomène humain d’une riche complexité du fait de ses nombreuses dimensions. Sur le plan théorique, cette complexité entraîne la production d’une multitude de perspectives pouvant être adoptées. C’est de cette complexité que s’est constitué, avec le temps, le champ des sciences de l’éducation. Les emprunts sont à la base de cette constitution; il s’agit d’un champ où les frontières disciplinaires ont peu de force. Pour cette raison, l’histoire des idées en sciences de l’éducation est vouée à être riche dans sa dynamique.

Les sciences de l’éducation formant une réalité complexe, son étude historique est susceptible de prendre de nombreuses formes et d’émerger de plusieurs endroits. L’histoire de la philosophie a été et est toujours un lieu où l’histoire des idées sur l’éducation a été étudiée : des Grecs à Dewey, en passant par Montaigne ou Rousseau, nombreux sont les philosophes s’étant penchés avec attention sur la question de l’éducation. Mais l’histoire des idées en sciences de l’éducation ne se limite pas à celles philosophiques : les idées pédagogiques, didactiques ou encore sociologiques, entre autres, sur l’éducation en font elles aussi partie.

Ce colloque a pour objectif de jeter un regard large sur l’histoire des idées dans le champ des sciences de l’éducation. Il vise à réunir des chercheurs francophones intéressés par l’histoire des idées de ce champ au sein d’un même événement, et ce, sans égard aux frontières disciplinaires qui pourraient exister. Voilà pourquoi nous proposons trois façons d’aborder les idées passées sur l’éducation : 1) pour elles-mêmes; 2) dans leur mise en relation avec des idées actuelles; et 3) dans leur mise en relation avec des enjeux actuels.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 13 mai 2024

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