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Claudine Sauvageau : Université de Montréal
Le recours aux livres jeunesse offre un ancrage authentique aux apprentissages lexicaux (Beck et al., 2013), notamment lors d’un enseignement direct de vocabulaire ([EDV] explication par l’enseignant de mots rencontrés en lecture, suivie d’activités de consolidation). Il semble donc naturel d’accorder une place aux livres jeunesse au terme d’un tel enseignement, formant ainsi une boucle passant par la contextualisation des apprentissages lexicaux, puis par leur décontextualisation et leur recontextualisation lors du rappel du livre lu. Bien que cette dernière tâche semble peu fidèle pour mesurer quantitativement l’apprentissage de mots précis (Anctil et Sauvageau, 2020), Cèbe et Goigoux (2017) évoquent sa pertinence pour observer le réemploi lexical, ce que nous avons documenté.
De fait, l’étude que nous avons menée a permis de poser un regard sur le rappel de livres lus, par des élèves du 1er cycle du primaire, à la suite de séquences d’EDV. Nous avons étudié les caractéristiques des livres jeunesse qui influent sur le réemploi lexical (pouvoir évocateur des illustrations, structure textuelle, types et occurrences des mots contenus, etc.); nous avons relevé les limites de cette tâche, liées à son caractère dirigé qui ne garantit pas un réemploi spontané, conscient et délibéré des mots ciblés. De là, nous souhaitons ouvrir, lors de cette communication, une réflexion sur le recours aux livres jeunesse pour favoriser le réemploi lexical, en préservant l’authenticité des tâches.
Les livres jeunesse revêtent plusieurs rôles pour les enfants qui les lisent, et le milieu scolaire s’avère un terreau fertile pour les explorer (Giasson, 2000). Selon Nikolajeva (2014), les livres jeunesse contribuent à développer la connaissance du monde, la connaissance de soi et la connaissance de l’autre. Certains s’intéressent à ces différents axes de la connaissance par le truchement des livres jeunesse. Par exemple, quant à la connaissance du monde, cela peut être par le recours aux livres jeunesse pour initier des élèves de premier cycle à des concepts abstraits comme le temps, l’espace et les sociétés (Boulet, 2022) ou pour développer leur vocabulaire (Cuerrier, 2019). Pour ce qui est du recours aux livres jeunesse pour connaître une réalité semblable à la sienne ou différente, cela peut se traduire par des études de cas où il y a une mise en scène de fratries composées de personnages vivant avec un handicap (Joselin et Dayan, 2022) ou de personnages vivant un deuil (Henky, 2022). Ces brefs exemples montrent bien l’étendue des sujets quant aux connaissances que les livres jeunesse peuvent apporter aux lectrices et aux lecteurs. Outre ces apprentissages variés, les livres jeunesse contribuent également à la réflexion, pensons simplement au potentiel à philosopher avec les enfants grâce aux livres jeunesse (Chirouter, 2008, 2015). Sur le plan de l’émotion, certains considèrent les livres jeunesse utiles pour développer l’empathie fictionnelle (Larrivé, 2014, 2015), alors que d’autres s’intéressent aux émotions telles que véhiculées par les personnages (Bowen, 2022; Dionne, 2020). Compte tenu de cette diversité des rôles des livres jeunesse, il paraît essentiel de continuer à les explorer pour faire avancer les connaissances.
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