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Camille Roelens : Université de Lausanne
Cette communication proposera d’une part une présentation synthétique du type de pratique d’histoire et d’actualité des idées dans une perspective théorique compréhensive et normative sur la modernité démocratique que nous pratiquons, et d’autre part un retour réflexif sur ce que cette démarche peut apporter au service d’une philosophie politique de l’éducation conçue comme étude du processus de conversion du projet démocratique en pratiques éducatives. Cela s’appuiera sur notre Habilitation à Diriger les Recherches en philosophie et sciences de l’éducation et de la formation, soutenue fin 2023, sur ce thème, et constituant elle-même la convergence d’études menées dans ce registre depuis plusieurs années, initialement à partir d’un travail sur les mutations de l’autorité – politique et pédagogique – dans les temps démocratiques. Notre propos se déploiera en quatre temps. Un premier présentera ce que l’œuvre originale de Tocqueville contient en propre de ressources pour penser l’éducation. Un deuxième montrera comment, après un temps de relative éclipse, son œuvre a été redécouverte à partir des années 1960 par les penseurs antitotalitaires, dans une perspective à la fois militante et heuristique quant à la démocratie comme idéal moderne. Un troisième temps éclairera les apports et limites desdits intellectuels néotocquevilliens sur les problématiques éducatives contemporaines. Un dernier temps suggérera des pistes pour expliquer d’abord, pour dépasser ensuite, ces apories.
L’éducation est un phénomène humain d’une riche complexité du fait de ses nombreuses dimensions. Sur le plan théorique, cette complexité entraîne la production d’une multitude de perspectives pouvant être adoptées. C’est de cette complexité que s’est constitué, avec le temps, le champ des sciences de l’éducation. Les emprunts sont à la base de cette constitution; il s’agit d’un champ où les frontières disciplinaires ont peu de force. Pour cette raison, l’histoire des idées en sciences de l’éducation est vouée à être riche dans sa dynamique.
Les sciences de l’éducation formant une réalité complexe, son étude historique est susceptible de prendre de nombreuses formes et d’émerger de plusieurs endroits. L’histoire de la philosophie a été et est toujours un lieu où l’histoire des idées sur l’éducation a été étudiée : des Grecs à Dewey, en passant par Montaigne ou Rousseau, nombreux sont les philosophes s’étant penchés avec attention sur la question de l’éducation. Mais l’histoire des idées en sciences de l’éducation ne se limite pas à celles philosophiques : les idées pédagogiques, didactiques ou encore sociologiques, entre autres, sur l’éducation en font elles aussi partie.
Ce colloque a pour objectif de jeter un regard large sur l’histoire des idées dans le champ des sciences de l’éducation. Il vise à réunir des chercheurs francophones intéressés par l’histoire des idées de ce champ au sein d’un même événement, et ce, sans égard aux frontières disciplinaires qui pourraient exister. Voilà pourquoi nous proposons trois façons d’aborder les idées passées sur l’éducation : 1) pour elles-mêmes; 2) dans leur mise en relation avec des idées actuelles; et 3) dans leur mise en relation avec des enjeux actuels.
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