Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Anne-Françoise De Chambrier : Haute école pédagogique du canton de Vaud
Dominant dans la littérature scientifique en matière de prévention des difficultés d’apprentissage, le modèle de Réponse à l’Intervention n’est que peu répandu en Europe à l’heure actuelle (Viriot, 2023). Le palier 2 de ce modèle est notamment intéressant puisqu’il permet aux trois-quarts des élèves à risque de progresser de manière significative dans des apprentissages spécialement prédictifs de la suite de la scolarité (Vaughn et al., 2012). Deux expériences menées récemment en Suisse ont visé à développer les ressources requises pour une implémentation contextualisée du palier 2 de ce modèle, à mesurer les effets des interventions mises en place, et à étudier la validité sociale du modèle du point de vue des enseignant.e.s. Ces expériences ont porté sur le début de la scolarité (élèves de 5 à 7 ans) et sur les domaines de la littératie et de la numératie. Elles ont globalement mis en évidence des effets positifs sur les performances des élèves à risque ainsi qu’un enthousiasme des enseignant.e.s interrogé.e.s vis-à-vis des programmes de soutien mis à disposition et de l’aide à l’identification des élèves à risque. Des défis d’implémentation ont toutefois également émergé, principalement en lien avec les ressources temporelles que ce modèle requière du côté des enseignant.e.s mais aussi du côté des élèves, notamment lorsque l’accent est mis sur deux domaines à la fois. Ces différents constats seront discutés dans la présente communication.
Les difficultés d’apprentissage et de comportement sont des sources de préoccupation pour le système scolaire étant donné qu’elles sont des facteurs de risque de décrochage scolaire du côté des élèves et d’épuisement professionnel du côté des enseignant·e·s. Les travaux de ces deux dernières décennies montrent qu’il vaut mieux agir en prévention qu’en remédiation de ces difficultés, les interventions précoces étant plus efficaces que les interventions tardives. Pour encadrer la prévention des difficultés d’apprentissage et de comportement, la communauté scientifique a élaboré un modèle d’action appelé « Réponse à l’intervention » (RàI). Ce modèle, qui se répand maintenant dans plusieurs régions du monde, préconise : a) de maximiser la réussite de tou.te.s les élèves en adoptant des pratiques enseignantes dont l’efficacité a été démontrée par la recherche (palier 1); b) de mesurer régulièrement les progrès des élèves en s’appuyant sur des données objectives afin de dispenser sans tarder aux élèves qui en ont besoin des interventions pédagogiques plus intensives (palier 2); et c) de prodiguer aux élèves dont les difficultés persistent des aides plus ciblées et plus personnalisées (palier 3). Des dimensions qui se sont avérées essentielles à la prévention des difficultés scolaires sont donc convoquées, telles que le recours à des données probantes, l’évaluation objective et fréquente des progrès des élèves, et l’intensification graduelle des interventions. Ce modèle ne va toutefois pas sans poser un certain nombre de questions relatives, notamment, à l’utilisation des données probantes ou à l’implémentation des pratiques dites efficaces. Par ailleurs, certain·e·s auteur.rice.s préfèrent mettre en avant d’autres pistes de prévention, telles que le coenseignement ou l’observation directe en classe, dans une optique considérée comme plus inclusive. Les conférences de ce symposium abordent ces différents aspects de la prévention des difficultés scolaires.
Titre du colloque :