pen icon Colloque
quote

Les espaces transnationaux queer chez Xavier Dolan dans Tom à la ferme (2013), Juste la fin du monde (2016) et The Death and Life of John F. Donovan (2018)

MB

Membre a labase

Mercédès Baillargeon

Résumé de la communication

Cette présentation s'attache à explorer les thèmes des espaces queer et de l'identité dans trois films de Xavier Dolan, à travers différents contextes culturels et nationaux. Le travail de Dolan est reconnu pour sa capacité à repousser les limites et à remettre en question les normes sociétales, en particulier en ce qui concerne la sexualité et la dynamique familiale. En analysant Tom à la ferme (2013), Juste la fin du monde (2016) et The Death and Life of John F. Donovan (2018), l'objectif est de dévoiler les complexités de l’existence queer et le rôle du cinéma dans la transcendance des frontières de la nation, du genre et de l’identité.

Au-delà de la dichotomie ville-campagne qui a traditionnellement caractérisé la métronormativité pro-queer, les espaces queer sont également définis par l'opposition entre les espaces publics et privés (M. Warner et L. Berlant, 1998), un aspect exploré de manière significative dans ces trois films de Dolan. Cette présentation propose ainsi une analyse des espaces dans ces films, où l'action se déplace des non-lieux périurbains à des villes telles que Londres, Prague et New York, tout en explorant la dichotomie public/privé.

Plus spécifiquement, cette étude se concentrera sur les silences induits par cette dichotomie, afin de mieux comprendre les espaces de visibilité et d'invisibilité présents dans le cinéma de Dolan, ainsi que les possibilités d'affirmation queer qui émergent de ses œuvres.

Résumé du colloque

Ce colloque prend comme perspective les géographies queers dont l’un des objectifs est de souligner certaines des expériences des communautés queers au sein de ces espaces. En effet, selon E. Cram (2019) les géographies queers soulignent à la fois comment « les subjectivités queers ne sont pas extérieures, mais au contraire placées dans des environnements particuliers, des migrations transfrontalières et des flux diasporiques ».

Déstabilisant la dichotomie ville pro-queer vs. campagne anti-queer, les géographies queers peuvent en effet inclure des espaces « [urbains] et [suburbains], des espaces commémoratifs, ainsi que des géographies rurales… elles doivent [aussi] également inclure les lieux intermédiaires, ou les espaces transitoires sur la route » (E. Cram, 2019). Ainsi, il est possible de penser les espaces en-dehors de l’opposition réductrice entre métronormativité et ruralité anti-queer : J. Halberstam (2020), par exemple, tisse des liens entre la nature en tant qu’espace imprévisible et la queerness tandis que l’anti-urbanisme queer de S. Herring (2010) critique vivement le mythe de la métronormativité comme seul mode de vie.

Partant de l’année de sortie de Brokeback Mountain (Ang Lee, 2005), jalon incontournable mais ambivalent de la représentation de personnages queer dans un contexte rural et réfractaire à toute différence sexuelle (Bastanmehr, 2015), l’objectif de ce colloque est d’explorer un corpus grandissant de films non-métronormativitifs et mettant à mal l’idée d’une ruralité anti-queer et de milieux urbains pro-queer. Ce colloque sera l’occasion de mettre en dialogue différentes approches théoriques (queer, postcoloniale, par exemple) et la géographie queer, et d’ainsi favoriser des lectures intersectionnelles originales d’œuvres cinématographiques peu discutées jusqu’à présent.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
Discutant-e- de la session : Mercédès Baillargeon Claire Gray
section icon Date : 13 mai 2024

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :