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Myriam Bahaffou : Université d'Ottawa
En m'appuyant sur le concept de l'habiter colonial (Ferdinand, 2019), de racisme environnemental (Keucheyan, 2014), et de la relation entre génération-production (Hache, 2024), je montre que le racisme et le sexisme se matérialisent par une ségrégation constante et un déplacement/confinement des corps racialisés et sexisés. La notion d'habiter devient ainsi une lutte constante pour la reconnaissance de subjectivités dé-territorialisées par l'urbanisation. Dans cette communication, je souhaite mettre en tension l'hypermobilité et le confinement, deux mouvements qui impliquent des flux genrés et racialisés qui modèlent le type de ville que l'on connaît, et qui sont devenus réellement apparents lors du confinement général lié à la Covid-19. L'objectif est de faire un pont entre des sciences dites "exactes" qui tiennent depuis longtemps un discours sur l'habitabilité, mais manquent d'une perspective critique de la domination sociale, et des sciences sociales (notamment décoloniales) qui pensent les conditions d'un territoire habitable, mais sont encore peu audibles.
Le dernier rapport du GIEC réaffirme le consensus scientifique sur l’évolution du climat : réchauffement planétaire, transformation de la biodiversité, émergence plus fréquente des zoonoses, déforestation, épuisement des ressources naturelles et des chaînes alimentaires, démultiplication des catastrophes et de leur intensité, exodes climatiques et bien d’autres phénomènes qui caractérisent les changements climatiques et leurs conséquences.
Ici, nous partons de l’hypothèse que la Terre est littéralement terraformée par deux processus de mondialisation qui sont désormais interdépendants et indissociables : l’urbanisation planétaire (englobement 1, pensé par l’anthropologie de la mondialisation, les études urbaines, la sociologie, etc.) et le changement global (englobement 2, pensé par la science du système-Terre). L’urbanisation planétaire vectorise les changements climatiques, qui vectorisent désormais l’urbanisation planétaire, qui vectorise l’habitabilité (pensée par l’écologie, les études de l’environnement, les sciences sociales, l’architecture, etc.). L’urbain anthropocène est donc la période géo-sociale-historique qui correspond à une montée de la menace sur l’habitabilité et qui nous oblige à développer des cadres conceptuels et des démarches épistémologiques qui nous permettent d’appréhender ces transformations.
L’objectif de ce colloque est de saisir les processus urbains dans une perspective interdisciplinaire et, ainsi, développer une posture épistémologique grâce aux contributions de plusieurs chercheur·e·s. Cela se fera en étudiant les flux, les patchs et les configurations permettant d’appréhender le rôle de l’urbanisation dans les changements climatiques et de comprendre comment les liens entre les villes et la crise climatique reconfigurent l’ordre social, économique, juridique et politique contemporain.
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