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Ariane Baye : Université de Liège
Le système éducatif belge francophone est en pleine mutation. L’un des aspects de la réforme en cours consiste à proposer à des écoles présentant de faibles résultats en termes de performances ou de climat scolaire différents projets pour les soutenir dans une dynamique d’amélioration. Dans ce contexte, les écoles qui souhaitaient améliorer leur climat scolaire se sont vu proposer de mettre en place le Soutien aux comportements positifs (Sugai & Horner, 2002). L’efficacité du dispositif a été mesurée via une étude quasi-expérimentale. Nous présenterons la mise en place du projet en termes d’accompagnement des équipes et de mesure de la fidélité d’implémentation, ainsi que les défis lorsque l’on vise des changements à l’échelle de l’école. Nous présenterons également les résultats de l’étude quasi-expérimentale visant le climat scolaire (Deltour et al., 2022) et l’efficacité collective des enseignants (Deltour et al., 2021).
Les difficultés d’apprentissage et de comportement sont des sources de préoccupation pour le système scolaire étant donné qu’elles sont des facteurs de risque de décrochage scolaire du côté des élèves et d’épuisement professionnel du côté des enseignant·e·s. Les travaux de ces deux dernières décennies montrent qu’il vaut mieux agir en prévention qu’en remédiation de ces difficultés, les interventions précoces étant plus efficaces que les interventions tardives. Pour encadrer la prévention des difficultés d’apprentissage et de comportement, la communauté scientifique a élaboré un modèle d’action appelé « Réponse à l’intervention » (RàI). Ce modèle, qui se répand maintenant dans plusieurs régions du monde, préconise : a) de maximiser la réussite de tou.te.s les élèves en adoptant des pratiques enseignantes dont l’efficacité a été démontrée par la recherche (palier 1); b) de mesurer régulièrement les progrès des élèves en s’appuyant sur des données objectives afin de dispenser sans tarder aux élèves qui en ont besoin des interventions pédagogiques plus intensives (palier 2); et c) de prodiguer aux élèves dont les difficultés persistent des aides plus ciblées et plus personnalisées (palier 3). Des dimensions qui se sont avérées essentielles à la prévention des difficultés scolaires sont donc convoquées, telles que le recours à des données probantes, l’évaluation objective et fréquente des progrès des élèves, et l’intensification graduelle des interventions. Ce modèle ne va toutefois pas sans poser un certain nombre de questions relatives, notamment, à l’utilisation des données probantes ou à l’implémentation des pratiques dites efficaces. Par ailleurs, certain·e·s auteur.rice.s préfèrent mettre en avant d’autres pistes de prévention, telles que le coenseignement ou l’observation directe en classe, dans une optique considérée comme plus inclusive. Les conférences de ce symposium abordent ces différents aspects de la prévention des difficultés scolaires.
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