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Ahlam Bernaoui : Université polytechnique Hauts-de-France
L'ère numérique a bouleversé le paysage médiatique traditionnel, donnant naissance à de nouveaux formats médiatique qui ont redéfini la manière dont nous consommons l'information et nous nous divertissons. Parmi ces nouveaux formats, les podcasts, les émissions de radio et les talk-shows se sont distingués, non seulement en tant que sources d'information et de divertissement, mais aussi en tant que plateformes influentes pour la représentation et la négociation des enjeux sociaux et culturels.
Ces formats médiatiques, grâce à leur accessibilité et à leur nature souvent non filtrée, ont permis l'émergence de pratiques langagières diversifiées, généralement non standardisées. Contrairement aux médias traditionnels, où le langage est souvent normalisé pour répondre à des normes spécifiques. Ces nouveaux formats offrent une liberté d'expression sans précédent. Mais comment ces pratiques langagières non conventionnelles sont-elles perçues par les auditeurs ? Et quelles sont les implications de l'utilisation de langages ou de pratiques qui s'écartent de la norme standard ?
Cette communication présentera quelques résultats préliminaires de mes recherches doctorales qui portent sur l’analyse des émotions ressenti par le récepteur du discours médiatique. Ainsi, la réception des pratiques langagières non standardisées varie considérablement en fonction du public cible. L’accent sera mis sur la rhétorique des émotions qui joue un rôle crucial dans cette analyse.
Ce colloque aborde les enjeux sociaux liés aux pratiques langagières dans les formats médiatiques oraux associés au divertissement et les relations complexes entre ces derniers et les publics auxquels ils s’adressent. Si la langue de l’information est relativement bien étudiée sous l’angle d’une norme endogène dans des régions de la francophonie telles que le Québec, on ne peut pas en dire autant des formats médiatiques oraux associés au divertissement, qui se caractérisent par une plus grande diversité de pratiques langagières.
D’un côté, on y observe des productions où le poids de la norme prescriptive, souvent associée au français des Parisiens cultivés, continue à se faire sentir. C’est notamment le cas des films doublés où des productions dans un français « normatif » (terme employé par le milieu) sont encore la règle, et ceci dans plusieurs régions de la francophonie, tout en faisant réagir certaines personnes qui souhaitent reconnaître leur propre culture dans ces produits. De l’autre côté, certaines productions semblent laisser libre cours aux pratiques non standardisées, par exemple les émissions de téléréalité, provoquant également des réactions négatives. Ainsi, les pratiques langagières des candidat·e·s de la téléréalité québécoise Occupation double qui s’écartent de la norme prescriptive sont l’objet de vifs discours épilinguistiques dans la sphère médiatique et entraînent chez ces personnes un sentiment de honte, voire d’insécurité linguistique. Quels que soient les choix langagiers des équipes de production, ceux-ci ne sont pas sans conséquences sociales : le choix du français « normatif » suggère que les autres variétés de français n’ont pas leur place dans la sphère médiatique; le recours à un français socialement ou géographiquement plus marqué attire la critique de certains auditoires.
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