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Leviers d’action pour dépasser les inégalités scolaires : quand les descendant·es d’immigré·es deviennent à leur tour parents

LN

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Lirija Namani : Université de Genève

Résumé de la communication

Cette proposition - issue de notre recherche doctorale en cours, menée en Suisse romande et de nos réflexions actuelles en lien avec nos données de terrain - s’intéresse au devenir des descendant·es d’immigré·es qui vivent en Suisse et qui sont devenu·es à l’heure tour parents d’enfants scolarisés. Au départ, nous nous interrogions sur la façon dont l’expérience scolaire et sociale des secondes générations avait pu agir sur la manière dont elles étaient devenues parents aujourd’hui : leur rapport à l’institution scolaire, leur rapport à la réussite et à l’échec scolaire, leur rapport à la culture scolaire et leurs stratégies parentales, mais aussi sur l’expérience scolaire des troisièmes générations. Nous pensions observer un rapport de continuité entre les expériences scolaires des secondes générations et des troisièmes générations et une forme de discrimination systémique (Meyer, 2015), mais les données issues de 41 entretiens biographiques auprès de 15 familles – menés auprès des secondes générations, des troisièmes générations et des premières générations au sein de chaque famille– mettent en lumière certains déterminants qui permettent de dépasser les inégalités scolaires (Felouzis, Charmillot et Fouquet-Chauprade, 2011) et sociales auxquelles les secondes générations ont pu être confrontées.

Résumé du colloque

L’école, en tant qu’institution centrale de socialisation, porte en elle des idéaux de culture commune et de citoyenneté collective. Toutefois, elle se présente aussi comme un espace pluriel où se côtoient et se confrontent des identités diversifiées sur les plans social, ethnoculturel, religieux, linguistique, etc. La reconnaissance du potentiel enrichissant de cette diversité n’en exclut pas moins des défis majeurs, notamment dans des contextes où les disparités socioéconomiques exercent une influence palpable sur les ressources et les possibilités éducatives (Delory-Momberger, Mabilon-Bonfils, 2015).

Dès les premières années de scolarisation, l’analyse des pratiques scolaires, des pratiques pédagogiques, des contenus éducatifs et des interactions au sein des établissements scolaires révèle des mécanismes d’altérisation souvent sous-jacents. Ces mécanismes, parfois inhérents aux structures scolaires, contribuent à l’élaboration des identités individuelles et collectives, tout en instaurant des rapports de pouvoir qui peuvent perpétuer des inégalités (Lafortune, 2019; Larochelle, 2021).

Ce colloque se propose d’explorer ces dynamiques et d’interroger la construction de l’altérité et des frontières « eux/nous » en milieu scolaire à partir d’un corpus de recherches réalisées en contexte québécois/canadien, européen (France, Belgique, Suisse) et sud-américain. Nous analysons comment le processus d’altérisation s’exprime dans ces milieux, avec les savoirs transmis, les discours promus, les interactions, les pratiques. Les questions évoquées ci-après guident notre réflexion : Quels sont les marqueurs actuels les plus saillants de cette altérisation? Comment les élèves et leurs familles vivent-ils ces processus? Quelles initiatives mettent en œuvre les institutions en vue de sensibiliser à ces dynamiques, d’ajuster leurs structures et pratiques scolaires pour mieux répondre aux besoins diversifiés des élèves? Quels sont les résultats de ces initiatives?

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 13 mai 2024

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