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L’invisibilité des femmes insérées socialement parmi les mis en cause pour infraction à la législation sur les stupéfiants : une analyse intersectionnelle

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Sarah Perrin : Université de Bordeaux

Résumé de la communication

Les femmes et les personnes insérées socialement sont minoritaires parmi les personnes mises en cause pour infraction à la législation sur les stupéfiants (ILS), alors que les usages de drogue se féminisent depuis les années 1990 et sont majoritairement le fait de personnes qui travaillent, étudient et ont un logement fixe. Cette communication analyse de manière intersectionnelle l’invisibilité de femmes blanches et insérées socialement parmi les mis en cause pour ILS. Les résultats présentés reposent sur 49 entretiens réalisés avec des usagères-revendeuses et des usagers-revendeurs insérés socialement, ainsi qu’avec des policiers (10), à Bordeaux.

Les policiers interpellent essentiellement de jeunes hommes racisés et précaires. Ils estiment que les femmes, surtout blanches et insérées, sont moins susceptibles de consommer et vendre des drogues que ces jeunes hommes. Ils justifient cela par des arguments socio-économiques et des stéréotypes sexistes et racistes. Les profilages sont intersectionnels, tout comme le privilège structurel dont bénéficient ces femmes face au risque répressif. Les usagères-revendeuses se réapproprient les critères qui orientent les profilages policiers pour se protéger du risque répressif, au travers de performances de genre.

La théorie intersectionnelle permet de comprendre comment l’entrelacement de rapports de genre, de race et de classe aboutit à l’invisibilité de ces usagères-revendeuses parmi les personnes interpelées et arrêtées pour ILS.

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Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : du 13 au 17 mai 2024

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