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Christophe Baco : Université de Mons
De nombreuses recherches scientifiques ont mis en évidence l’efficacité de certaines stratégies pédagogiques telles que l’enseignement explicite sur l’apprentissage des élèves (e.g. Bissonnette et al., 2010 ; Guilmois, 2019). L’enseignement explicite constitue une stratégie particulièrement efficace pour prévenir les difficultés d’apprentissage des élèves dans le cadre du modèle de Réponse à l’Intervention (Desrochers, 2021 ; Gauthier et al., 2013 ; Jimerson et al., 2016). Toutefois, la mise en œuvre de pratiques préventives efficaces par les enseignants ne va pas de soi et certains programmes de développement professionnel parviennent difficilement à modifier les pratiques des enseignants (Guskey, 2021). Lors de cette communication, nous présenterons des exemples de dispositifs de formation élaborés et mis en œuvre par notre équipe, en formation initiale et en formation continue des enseignants, pour former les enseignants à mettre en œuvre des stratégies préventives de gestion des apprentissages et plus particulièrement des stratégies associées à l’enseignement explicite à fournir à l’ensemble des élèves au premier palier de la RàI. Nous présenterons particulièrement en quoi des activités mobilisant l’observation directe et le coaching en salle de classe peuvent aider les enseignants à améliorer leurs pratiques de prévention. Pour ce faire, nous présenterons plusieurs résultats issus de recherches menées au sujet des dispositifs de formation susmentionnés.
Les difficultés d’apprentissage et de comportement sont des sources de préoccupation pour le système scolaire étant donné qu’elles sont des facteurs de risque de décrochage scolaire du côté des élèves et d’épuisement professionnel du côté des enseignant·e·s. Les travaux de ces deux dernières décennies montrent qu’il vaut mieux agir en prévention qu’en remédiation de ces difficultés, les interventions précoces étant plus efficaces que les interventions tardives. Pour encadrer la prévention des difficultés d’apprentissage et de comportement, la communauté scientifique a élaboré un modèle d’action appelé « Réponse à l’intervention » (RàI). Ce modèle, qui se répand maintenant dans plusieurs régions du monde, préconise : a) de maximiser la réussite de tou.te.s les élèves en adoptant des pratiques enseignantes dont l’efficacité a été démontrée par la recherche (palier 1); b) de mesurer régulièrement les progrès des élèves en s’appuyant sur des données objectives afin de dispenser sans tarder aux élèves qui en ont besoin des interventions pédagogiques plus intensives (palier 2); et c) de prodiguer aux élèves dont les difficultés persistent des aides plus ciblées et plus personnalisées (palier 3). Des dimensions qui se sont avérées essentielles à la prévention des difficultés scolaires sont donc convoquées, telles que le recours à des données probantes, l’évaluation objective et fréquente des progrès des élèves, et l’intensification graduelle des interventions. Ce modèle ne va toutefois pas sans poser un certain nombre de questions relatives, notamment, à l’utilisation des données probantes ou à l’implémentation des pratiques dites efficaces. Par ailleurs, certain·e·s auteur.rice.s préfèrent mettre en avant d’autres pistes de prévention, telles que le coenseignement ou l’observation directe en classe, dans une optique considérée comme plus inclusive. Les conférences de ce symposium abordent ces différents aspects de la prévention des difficultés scolaires.
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