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Brieg Capitaine : Université d'Ottawa
Cette communication souhaite explorer, à travers la description de l’exposition Rising Currents au MoMA de New-York City et du concours d’architecture Rebuild By Design mis en place après la tempête Sandy, la manière dont la ville et en particulier ses infrastructures de régulation des inondations sont façonnées et symbolisées. Lorsque l’océan, objet iconique, déborde de son lit et se répand dans les rues, les infrastructures, leurs formes, leur design deviennent l’objet de controverses. Les architectes, les ingénieurs, les sciences sociales et un ensemble d’acteurs s’afffairent après la catastrophe à faire des infrastructures les totems symboliques d’une nouvelle conception de la ville plus ouverte (Sennett, 2018). Mais ces acteurs parviennent-ils à faire de ces objets des icones et à susciter une nouvelle conscience de la ville, de sa production et du rôle des hommes dans les changements climatiques?
Le dernier rapport du GIEC réaffirme le consensus scientifique sur l’évolution du climat : réchauffement planétaire, transformation de la biodiversité, émergence plus fréquente des zoonoses, déforestation, épuisement des ressources naturelles et des chaînes alimentaires, démultiplication des catastrophes et de leur intensité, exodes climatiques et bien d’autres phénomènes qui caractérisent les changements climatiques et leurs conséquences.
Ici, nous partons de l’hypothèse que la Terre est littéralement terraformée par deux processus de mondialisation qui sont désormais interdépendants et indissociables : l’urbanisation planétaire (englobement 1, pensé par l’anthropologie de la mondialisation, les études urbaines, la sociologie, etc.) et le changement global (englobement 2, pensé par la science du système-Terre). L’urbanisation planétaire vectorise les changements climatiques, qui vectorisent désormais l’urbanisation planétaire, qui vectorise l’habitabilité (pensée par l’écologie, les études de l’environnement, les sciences sociales, l’architecture, etc.). L’urbain anthropocène est donc la période géo-sociale-historique qui correspond à une montée de la menace sur l’habitabilité et qui nous oblige à développer des cadres conceptuels et des démarches épistémologiques qui nous permettent d’appréhender ces transformations.
L’objectif de ce colloque est de saisir les processus urbains dans une perspective interdisciplinaire et, ainsi, développer une posture épistémologique grâce aux contributions de plusieurs chercheur·e·s. Cela se fera en étudiant les flux, les patchs et les configurations permettant d’appréhender le rôle de l’urbanisation dans les changements climatiques et de comprendre comment les liens entre les villes et la crise climatique reconfigurent l’ordre social, économique, juridique et politique contemporain.
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