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Mathieu Gagnon : Université de Sherbrooke
Le projet PhiloMaris prendra forme à l’intérieur des activités menées par ÉcoMaris, une entreprise d’économie sociale opérant le premier voilier-école environnemental au Québec. Dans ce contexte, le fleuve St-Laurent ainsi que l’océan sont considérés comme des outils pédagogiques visant à faire la promotion, notamment, de l’éducation à l’environnement et de l’engagement citoyen. Les programmes inclusifs offerts par ÉcoMaris visent à « [apprendre] la connaissance de soi, l’autonomie, la responsabilité, le travail d’équipe, […] les écosystèmes et leur préservation ». Fondée sur une pédagogie de type expérienciel, les programmes s’adressent à différents publics, dont de jeunes adultes « en quête de sens professionnel et personnel » (Parcours Cabestan) ainsi qu’à des jeunes élèves de 3e cycle du primaire et de 1er cycle du secondaire (Redonner le St-Laurent) afin de favoriser le « développement d’une conscience écocitoyenne ». À partir de juin 2024, le projet PhiloMaris sera mis à l’essai lors de deux expéditions avec des jeunes élèves. Ce projet entend intégrer des dialogues philosophiques aux expéditions sur le St-Laurent afin de contribuer aux visées poursuivies par ÉcoMaris, dont l’estime de soi, le développement d’une conscience écocitoyenne, la quête de sens, la construction de l’identité, la bienveillance et la collaboration. La communication sera l’occasion d’exposer les grandes lignes de ce projet inédit, les objectifs poursuivis ainsi que la méthodologie envisagée.
Dans le cadre de nos dernières recherches, nous avons développé un modèle transdisciplinaire du pouvoir d’agir en contexte de crise environnementale et climatique (Agundez-Rodriguez, 2022). Son caractère transdisciplinaire implique un niveau élevé d’intégration de l’apprentissage qui se situe au-delà de plusieurs disciplines ainsi que de leurs intersections (Legendre, 2005). En cohérence avec ce principe de transversalité, le modèle intègre des savoirs issus des domaines de l’éducation relative à l’environnement (ERE) et de la pratique du dialogue philosophique (PDP) en communautés de recherche (Lipman, 1980 et 1988; Lago, 2006; Sasseville et Gagnon, 2007; Gagnon et Sasseville, 2011). En lien avec l’ERE, la transdisciplinarité est ainsi présente dans le modèle par le recours à des savoirs environnementaux issus de mouvements sociaux, autochtones et allochtones, et de mouvements communautaires de la société civile. Les habiletés pratiques, l’expérience directe et la transmission orale sur l’environnement et les changements climatiques y sont associées. En ce qui concerne la PDP, l’objectif du modèle est le développement de la pensée critique (associée aux habiletés comme la contextualisation, l’autocorrection et l’argumentation à l’aide de critères) et créative (associée aux habiletés comme l’imagination, la recherche d’alternatives et l’intuition). L’approche de PDP en communautés de recherche favorise ainsi la réflexion sur le monde dans lequel nous vivons (caractérisé par la crise environnementale et climatique) et permet, en même temps, d’imaginer et de construire le monde dans lequel nous voulons vivre (caractérisé par la stabilité environnementale et climatique). Grâce aux présentations des domaines de l’ERE et de la PDP réalisées au sein de ce colloque, nous pourrions explorer le croisement des éléments de notre modèle et son potentiel pour le développement du pouvoir d’agir en contexte de crise environnementale et climatique.
Titre du colloque :