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Santé reproductive en Haïti Convergence d’impérialisme culturel, injustice épistémique et médicalisation

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Tania Pierre Charles : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

En Haïti, moins de 40 % des naissances ont lieu dans un établissement de santé (Institut Haïtien de l’Enfance (IHE) & ICF, 2018). Cela traduit l’existence de deux systèmes parallèles s’appuyant respectivement sur les médecines occidentale et créole. La médecine occidentale est légitimée par la scientificité des connaissances, se caractérise par être ahistorique, individualiste et d’orientation curative (Menéndez, 2020). Elle se présente comme l’unique approche valide du processus santé-maladie-soins, au sein duquel elle situe l’accouchement. La médecine créole provient principalement de l’héritage africain. Elle est le produit de la mobilisation de savoirs et d’expériences des personnes historiquement opprimées, exclues, déshumanisées et marginalisées.

L’objectif de la proposition de cette communication est d’aborder l’injustice épistémique dans le domaine de la santé reproductive en Haïti et montrer le lien étroit avec l’impérialisme culturelle et la médicalisation qui par leurs logiques renforcent cette injustice.

À partir de deux exemples issus de documents officiels relatifs à la santé reproductive, je mets en exergue les concepts d’injustice épistémique dans ses formes : testimoniale et herméneutique (Fricker, 2007) ainsi que celui de domination épistémique (Catala, 2015).

Résumé du colloque

Ce colloque souhaite orchestrer une réflexion interdisciplinaire sur les injustices épistémiques—réflexion que l’on souhaite aborder sous divers angles (théorique, méthodologique, pratique, empirique). Champ de recherche fort dynamique, cette littérature s’intéresse aux diverses inégalités et injustices liées à l’acquisition, au partage et à la reconnaissance de certains savoirs, et aux liens étroits entre ces inégalités et les rapports de pouvoir. Ces recherchent tentent en outre de saisir comment les préjugés négatifs ambiants (e.g. sexistes, âgistes, capacitistes, sanistes, racistes, classistes) affectent la crédibilité accordée aux savoirs de certains groupes, mais aussi à réfléchir aux moyens de pallier à ces déficits de crédibilité et à la marginalisation. Bien que de nombreux écrits féministes et décoloniaux aient précédemment exploré certaines facettes des phénomènes en question, l’ouvrage phare de Miranda Fricker, Epistemic Injustice (2007), a donné un cadre analytique bien défini au sujet – un cadre repris, critiqué et amendé par plusieurs chercheurs et chercheuses dans la dernière décennie. L’importance et la pertinence de ce corpus est considérable pour les sciences sociales, car il soulève des enjeux complexes sur nos façons de produire et de partager des connaissances. Comment produire celles-ci avec les personnes et les communautés étudiées? Comment bien reconnaître les différentes formes de savoirs? Et comment réfléchir sur les inégalités produites par les nouvelles connaissances ou par certaines méthodologies de recherche?

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 13 mai 2024

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