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Tshisheuatishitau – Soyons dans la bienveillance Une initiative des Innus d’Uashat mak Mani-utenam pour une gouvernance des services d’aide à l’enfance et à la famille

CG

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Christiane Guay : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

En juin 2019, le droit inhérent des Premières Nations et des Inuit (PNI) de légiférer en matière de services d’aide à l’enfance et à la famille a été affirmé par l’adoption de la Loi concernant les enfants, les jeunes et les familles des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Ce désir d’autonomie sous-tendait déjà le partenariat de recherche pour soutenir la gouvernance des Innus d’Uashat mak Mani-utenam initié à l’été 2009. À partir des résultats de ce programme de recherche, cette contribution vise à présenter les retombées de cette initiative.

Après avoir présenté brièvement les différentes phases du partenariat de recherche, la présentation met en lumière les éléments clés du modèle de gouvernance innu et explique en quoi les choix qui ont été faits ont permis de créer un modèle original enraciné dans l’innu-aitun. Au terme de la présentation, nous serons à même de constater qu’il est possible, dans le domaine de la protection de la jeunesse, de passer d’une logique de contrôle-surveillance, propre au système québécois, à une logique de bienveillance qui permet d’assurer non seulement la sécurité et le développement des jeunes Innus, mais aussi la préservation de leur identité et l’appartenance communautaire.

Résumé du colloque

Les travaux de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec : écoute, réconciliation et progrès (Commission Viens), entre 2017 et 2019, ont mis en lumière les difficiles expériences vécues par plusieurs personnes autochtones d’âge et de genre différents lorsqu’elles sont confrontées au monde institutionnel québécois. La Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse (Commission Laurent), qui s’est déroulée en 2020, a également accordé une grande attention aux parcours parsemés d’embûches des parents et des enfants des Premières Nations ou des Inuits à l’intérieur d’un système peu à même de considérer leurs besoins spécifiques. Ce ne sont là que quelques aspects d’un enjeu sociétal beaucoup plus large, beaucoup plus complexe et beaucoup plus ancien : celui du mieux-être et de la qualité de vie de populations trop longtemps laissées à l’écart et faisant régulièrement les frais de politiques et de programmes publics insuffisants à rencontrer leurs attentes et à comprendre leurs trajectoires de vie. Cependant, bien que les défis soient encore de taille aujourd’hui, le portrait d’ensemble se module tranquillement à la faveur d’initiatives qui voient le jour un peu partout au Canada, en Nouvelle-Zélande et en Australie, qui visent à redéfinir les rapports hiérarchiques et unilatéraux colorant trop souvent encore les relations entre les Autochtones et les non-Autochtones, dans le domaine de la santé comme en d’autres domaines (éducation, environnement, employabilité, justice, etc.). Ces initiatives sont l’œuvre d’instances autochtones en mesure de combattre, par l’affirmation, l’action et l’innovation, les inégalités et les injustices qui marquent depuis longtemps les trajectoires de leurs concitoyen·ne·s. Le présent colloque mettra l’accent sur quelques-unes de ces initiatives en favorisant les échanges et le partage entre chercheur·se·s, gestionnaires autochtones et intervenant·e·s.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 13 mai 2024

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