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Jean-François Rousseau : Université d'Ottawa
L’extraction du sable et son transport vers les chantiers de construction, où les grains sont liés au sein d’infrastructures « permanentes », conditionnent l’avènement du développement et de l’urbanisation dans les pays du Sud global. La proximité entre les sites d’extraction et de consommation de ce ‘minerai de développement’ peut pallier certaines conséquences sociales et environnementales induites par l’exploitation du sable en engendrant de la croissance économique in situ. Or, des données recueillies sur la côte sénégalaise dans le cadre d’entretiens qualitatifs remettent cette logique en cause. D’une part, l’interdiction des activités d’extraction à petite échelle, la privatisation des carrières publiques et le recours à des technologies extractives de plus en plus avancées constituent autant de circonstances qui privent les populations locales des retombées économiques potentielles de l’extraction du sable. D’autre part, la surexploitation de la ressource catalyse l’érosion côtière et menace les modes de vie locaux en plus de mener à l’étalement des chaînes des valeurs dans l’espace. La viabilité d’un modèle de développement urbain tributaire d’un apport en sable constant et à faible coût est ainsi remise en question. Il en va de même des conceptualisations entourant cette ressource, longtemps considérée triviale et inépuisable.
Le dernier rapport du GIEC réaffirme le consensus scientifique sur l’évolution du climat : réchauffement planétaire, transformation de la biodiversité, émergence plus fréquente des zoonoses, déforestation, épuisement des ressources naturelles et des chaînes alimentaires, démultiplication des catastrophes et de leur intensité, exodes climatiques et bien d’autres phénomènes qui caractérisent les changements climatiques et leurs conséquences.
Ici, nous partons de l’hypothèse que la Terre est littéralement terraformée par deux processus de mondialisation qui sont désormais interdépendants et indissociables : l’urbanisation planétaire (englobement 1, pensé par l’anthropologie de la mondialisation, les études urbaines, la sociologie, etc.) et le changement global (englobement 2, pensé par la science du système-Terre). L’urbanisation planétaire vectorise les changements climatiques, qui vectorisent désormais l’urbanisation planétaire, qui vectorise l’habitabilité (pensée par l’écologie, les études de l’environnement, les sciences sociales, l’architecture, etc.). L’urbain anthropocène est donc la période géo-sociale-historique qui correspond à une montée de la menace sur l’habitabilité et qui nous oblige à développer des cadres conceptuels et des démarches épistémologiques qui nous permettent d’appréhender ces transformations.
L’objectif de ce colloque est de saisir les processus urbains dans une perspective interdisciplinaire et, ainsi, développer une posture épistémologique grâce aux contributions de plusieurs chercheur·e·s. Cela se fera en étudiant les flux, les patchs et les configurations permettant d’appréhender le rôle de l’urbanisation dans les changements climatiques et de comprendre comment les liens entre les villes et la crise climatique reconfigurent l’ordre social, économique, juridique et politique contemporain.
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