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Un tournant vers un populisme banal chez les conservateurs fédéraux ? Continuités et ruptures sous la direction de Pierre Poilievre (2022-2024)

EP

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Efe Peker : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Le 5 février 2022, alors que les blocages des manifestations du « Convoi de la liberté » entraient dans leur troisième semaine, le député conservateur Pierre Poilievre a lancé sa campagne à la tête du Parti conservateur du Canada (PCC). Sept mois plus tard, il a été élu à la tête du PCC et les sondages du début de 2024 indiquent une avance de 17 points pour les conservateurs de Poilievre sur leurs rivaux libéraux (Vieira, 12 janvier 2024). Tout au long de cette ascension fulgurante, l’étiquette « populiste » a été utilisée dans les sphères intellectuelles pour décrire Poilievre, accusé de banaliser une rhétorique d’extrême droite à la Trump. Ces débats manquent généralement d’accord sur la signification du populisme et de l’extrême droite. Cet article propose d’apporter de la clarté à ces discussions en étudiant le cas de Poilievre à travers les conceptions dominantes du populisme de droite dans les sciences sociales. Nous utilisons une théorie « complexe » du populisme qui mobilise ensemble les dimensions idéologique, communicationnelle et organisationnelle du phénomène pour démontrer empiriquement leurs distinctions et leurs relations (Diehl et Bargetz, 2024). Sur le plan méthodologique, nous adoptons une approche qualitative pour examiner les discours, textes et vidéos de Poilievre au cours de la période 2022-2024. Nos résultats suggèrent que la politique de Poilievre représente la banalisation des styles de communication populistes.

Résumé du colloque

Depuis la publication de l’ouvrage Banal Nationalism par Michael Billig en 1995, l’étude des manifestations dites banales du nationalisme n’a cessé de conquérir des nouveaux secteurs des sciences humaines et sociales allant de l’histoire à la psychologie sociale en passant, bien sûr, par la science politique, la sociologie et l’histoire.

Aujourd’hui, des débats portent autant sur le concept de nationalisme banal, auxquels certains préfèrent les concepts de nationalisme ordinaire ou au quotidien, que sur Ses domaines d’applications, et son arrimage au sein d’autres théories du nationalisme.

Le Canada et le Québec sont depuis longtemps des endroits privilégiés de l’étude du nationalisme. C’est un peu moins le cas pour l’étude du nationalisme banal ou ordinaire cependant. Ce colloque visera à combler cette lacune dans la littérature scientifique. Au-delà du récit selon lequel le Canada serait le « premier État postnational », qu’en est-il des manifestations latentes de nationalismes banals ou ordinaires au Canada et au Québec. Si les mouvements nationalistes au Québec font souvent l’objet d’études, qu’en est-il des différentes manifestations du nationalisme banal dans le reste du Canada ? Quels sont les récits et univers symboliques par lesquels se manifeste ce nationalisme ? Comment se transforme-t-il au fil du temps ? Comment certains symboles, comme le drapeau, sont-ils resignifiés par des mouvements sociaux ? Observe-t-on des manifestations régionales distinctes, de la Colombie britannique à Terre-Neuve, de ce ou ces nationalismes banals ? Quelle est la place des Premières Nations, des Métis et des Inuits dans ces univers symboliques ?

Ce sont ces questions que le colloque entend proposer à la réflexion. Il cherchera à répondre à ces questions en mettant l’accent sur la diversité des formes de nationalisme banal dans le temps, mais aussi dans l’espace.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
Discutant-e- de la session : Luc Turgeon
section icon Date : 13 mai 2024

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