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Jean-François Boutin : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Le présent exercice historiographique a pour visée la mise en saillie du rôle frontal qu’occupe, depuis le début des années 1980, l’idée philosopĥique de mimèsis en didactique de la littérature. On assiste actuellement, en narratologie contemporaine (Baroni, 2017 ; Boutin, 2023), à sa remise en place en classe de littérature, dans le sillage des transformations de l’expression et de la médiatisation de l’imaginaire et de la pensée (Gervais, 2023), et ce, dans des formes toujours plus hybrides et inédites du récit (Brunel et al., 2018 ; Brehm et Lafleur 2019). Présentée en cinq mouvements, cette analyse veut ’évaluer les résonances du recours à la mimèsis en didactique du récit de (trans)fiction et de la poétique. Intuitive chez Platon, elle permet d’emblée l'articulation d’une dichotomie entre monde intelligible et monde sensible. Aristote, réagissant à son maitre, y voit plutôt une stylisation de la nature, au-delà de sa simple imitation. Cela inspire Ricoeur (1983 ; 1984 ; 1985) qui formule l’idée d’une triple mimèsis du temps narratif : PRÉ/RE/CONfiguration. Inspiré à la fois par Ricoeur et Picard (1986), Dufays met alors en abyme la mimèsis dans le concept de stéréotypie littéraire (2010 ; 2023) et l’affranchit d’une narratologie formaliste et scolaire. Sous l’impulsion de Baroni (2010 ; 2017), un courant récent de rénovation narratologique fait de la mimèsis l’un des principaux vecteurs de la mise en intrigue du récit.
L’éducation est un phénomène humain d’une riche complexité du fait de ses nombreuses dimensions. Sur le plan théorique, cette complexité entraîne la production d’une multitude de perspectives pouvant être adoptées. C’est de cette complexité que s’est constitué, avec le temps, le champ des sciences de l’éducation. Les emprunts sont à la base de cette constitution; il s’agit d’un champ où les frontières disciplinaires ont peu de force. Pour cette raison, l’histoire des idées en sciences de l’éducation est vouée à être riche dans sa dynamique.
Les sciences de l’éducation formant une réalité complexe, son étude historique est susceptible de prendre de nombreuses formes et d’émerger de plusieurs endroits. L’histoire de la philosophie a été et est toujours un lieu où l’histoire des idées sur l’éducation a été étudiée : des Grecs à Dewey, en passant par Montaigne ou Rousseau, nombreux sont les philosophes s’étant penchés avec attention sur la question de l’éducation. Mais l’histoire des idées en sciences de l’éducation ne se limite pas à celles philosophiques : les idées pédagogiques, didactiques ou encore sociologiques, entre autres, sur l’éducation en font elles aussi partie.
Ce colloque a pour objectif de jeter un regard large sur l’histoire des idées dans le champ des sciences de l’éducation. Il vise à réunir des chercheurs francophones intéressés par l’histoire des idées de ce champ au sein d’un même événement, et ce, sans égard aux frontières disciplinaires qui pourraient exister. Voilà pourquoi nous proposons trois façons d’aborder les idées passées sur l’éducation : 1) pour elles-mêmes; 2) dans leur mise en relation avec des idées actuelles; et 3) dans leur mise en relation avec des enjeux actuels.
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