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Agir sur les paradoxes organisationnels : Un cas de paradoxe de la réalisation dans les établissements primaires du canton de Genève (Suisse)

JH

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Jean-Marc Huguenin : Université de Genève

Résumé de la communication

Confrontés à des paradoxes organisationnels, les acteurs réagissent généralement soit de manière défensive (contourner – ou éviter – les paradoxes) soit de manière active (accepter, confronter ou transcender les paradoxes). Cette contribution s’inscrit dans le cadre d’une réaction (pro)active aux paradoxes. Elle s’appuie sur une étude de cas portant sur les directions d’établissements primaires dans le canton de Genève (Suisse).

Ces directions sont notamment confrontées au paradoxe de la réalisation : selon la taille des écoles, elles sont tiraillées entre une gestion de proximité et un pilotage à distance, nécessitant l’adoption de plusieurs rôles et la réalisation de multiples tâches. De manière résiliente et pendant plusieurs années, les directrices et directeurs se sont mobilisés pour que ce paradoxe soit reconnu par l’Administration centrale (dans le cas sous revue, la Direction de l’enseignement obligatoire du Département de l’instruction publique) et pour que les tensions qu’il génère soient réduites, voire disparaissent.

La mobilisation des directions d’établissements primaires s’est concrétisée par différentes actions. Elle a permis d’inscrire la taille des établissements sur un continuum sans effet de seuil, d’augmenter les dotations en équipes de direction et de continuer à intégrer, dans la formule d’allocation des ressources aux écoles, différentes variables pour tenir compte des conditions locales particulières en lien avec le paradoxe sous revue

Résumé du colloque

Ce colloque fait suite au colloque 415, tenu dans le cadre du 90e congrès de l’Acfas. Le modèle classique de la gestion est encore en vigueur dans les services publics : depuis la formalisation de Fayol (1916), on continue de décomposer le processus de gestion en quatre fonctions successives : planifier, organiser, diriger, contrôler. La gestion axée sur les résultats a adapté ce modèle en renommant la dernière fonction par l’évaluation et en proposant un caractère circulaire au processus : il s’agit d’évaluer pour s’améliorer et fixer de nouveaux objectifs, tout en rendant compte au public des résultats atteints et de l’utilisation des ressources. Toutefois, le travail des gestionnaires au quotidien ne suit pas un cours linéaire et cumulatif (Mintzberg, 1973; Tengblad, 2011). Cela n’invalide toutefois pas le modèle classique de gestion, mais confirme l’importance de distinguer le management stratégique (PODC-E) du management opérationnel.

Ce colloque se portera au-devant des réalités quotidiennes des gestionnaires dans les services publics, notamment dans un contexte de complexité accrue et d’injonctions possiblement contradictoires. Le cadre théorique des paradoxes (Schad et al., 2016; Smith et Lewis, 2023) permet d’appréhender cette complexité et de la nommer. Ce colloque organisera la rencontre entre la conception universitaire des paradoxes et les réalités actuelles des gestionnaires dans les services publics (santé, éducation, services municipaux) : comment vivent-ils et gèrent-ils ces paradoxes ? Pour aller au bout du raisonnement, la deuxième journée du colloque sera consacrée à des expériences pédagogiques consistant à travailler avec les paradoxes dans l’enseignement de la gestion : comment accueillir dans les formations professionnalisantes l’expérience de tensions contradictoires, particulièrement importantes pour les cadres intermédiaires dans les services publics, et comment faire se rencontrer cette conceptualisation théorique et le vécu des gestionnaires ?

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 14 mai 2024

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