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Charles Berthelet, Le nationalisme minoritaire peut-il être « banal » à l’international ? Les cas de l’Écosse et du Québec à la COP28 de Dubaï

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Charles Berthelet : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

La « paradiplomatie identitaire » correspond à l’activité et la présence extérieures d’un gouvernement non souverain, parallèles à celles de son État souverain, lorsqu’elle se fait l’occasion de l’affirmation ou de l’expression d’un nationalisme minoritaire. Sauf en de rares exceptions où une telle mutation a lieu, cette paradiplomatie identitaire ne correspond cependant pas à une « protodiplomatie », c’est-à-dire qu’elle ne vise pas la sécession. En ce sens, le nationalisme exprimé par le truchement d’une paradiplomatie fait montre d’une certaine banalité, surtout que l’exercice de cette activité internationale de la part d’un gouvernement régional comporte une bonne part d’émulation par rapport à l’activité diplomatique ordinaire ou quotidienne faisant partie de l’existence même des États souverains, laquelle se présente encore en principe comme leur apanage exclusif. Un paradoxe apparent se pose alors : comment l’émulation d’un comportement supposément exclusif peut-elle revêtir les traits de la banalité ? En observant les pratiques (para)diplomatiques de l’Écosse et du Québec à la COP28 de Dubaï en décembre 2023, cette communication entend proposer que la présence internationale du nationalisme minoritaire, en dépit de son caractère subversif inhérent, fait en réalité l’objet d’une banalisation de la part des acteurs régionaux qui la portent.

Résumé du colloque

Depuis la publication de l’ouvrage Banal Nationalism par Michael Billig en 1995, l’étude des manifestations dites banales du nationalisme n’a cessé de conquérir des nouveaux secteurs des sciences humaines et sociales allant de l’histoire à la psychologie sociale en passant, bien sûr, par la science politique, la sociologie et l’histoire.

Aujourd’hui, des débats portent autant sur le concept de nationalisme banal, auxquels certains préfèrent les concepts de nationalisme ordinaire ou au quotidien, que sur Ses domaines d’applications, et son arrimage au sein d’autres théories du nationalisme.

Le Canada et le Québec sont depuis longtemps des endroits privilégiés de l’étude du nationalisme. C’est un peu moins le cas pour l’étude du nationalisme banal ou ordinaire cependant. Ce colloque visera à combler cette lacune dans la littérature scientifique. Au-delà du récit selon lequel le Canada serait le « premier État postnational », qu’en est-il des manifestations latentes de nationalismes banals ou ordinaires au Canada et au Québec. Si les mouvements nationalistes au Québec font souvent l’objet d’études, qu’en est-il des différentes manifestations du nationalisme banal dans le reste du Canada ? Quels sont les récits et univers symboliques par lesquels se manifeste ce nationalisme ? Comment se transforme-t-il au fil du temps ? Comment certains symboles, comme le drapeau, sont-ils resignifiés par des mouvements sociaux ? Observe-t-on des manifestations régionales distinctes, de la Colombie britannique à Terre-Neuve, de ce ou ces nationalismes banals ? Quelle est la place des Premières Nations, des Métis et des Inuits dans ces univers symboliques ?

Ce sont ces questions que le colloque entend proposer à la réflexion. Il cherchera à répondre à ces questions en mettant l’accent sur la diversité des formes de nationalisme banal dans le temps, mais aussi dans l’espace.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 14 mai 2024

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