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Guillaume Coulombe : Procédurable
En dépit de l'existence d'alternatives aux GAFAM, l'usage de ces grandes plateformes extractivistes et de surveillance (données et maintenant la production culturelle et les savoirs pour alimenter l'ogre de l'IA) demeure encore dominante chez les acteurs de la société civile qui militent pourtant pour la transition et la justice sociale. Comment faire basculer cette tendance –
ce repli confortable – et favoriser le développement d'un fediverse inclusif, vivant et diversifié, à l'image des communs. Quelles sont les stratégies et les tactiques pour la souveraineté numérique des commoners ? L’une des tentatives consiste à entreprendre la construction d’éco-systèmes alternatifs et le plus autonome possible en renversant les rapports de production et de consommation. C’est par exemple le cas lorsque Remix the Commons s’inspire des expériences des Association pour le
Maintien de l’Agriculture Paysanne (AMAP) pour déployer le konbit numérique. Cette contribution portera sur la capacité de créer des infrastructures partagées dans le but d’atteindre une condition de souveraineté numérique. La problématique au coeur de ce travail sera les stratégies à implémenter pour la création d’un fediverse des communs informationnels. A partir d’un retour des pratiques d’autonomie numériques dans lesquelles Remix et d’autres acteurs se sont investis on identifiera les leçons que l’on peut en tirer ainsi que les perspectives qu’elles ouvrent.
« Les communs sont partout ! » observaient déjà plusieurs auteurs et autrices au tournant du 21ᵉ siècle (Dardot et Laval, 2014; Federici, 2019). Le constat de l’utilisation du terme « communs » dans divers contextes, allant de la guerre de l’eau à Cochabamba, en Bolivie, au mouvement altermondialiste, ainsi qu’aux occupations de places comme à Wall Street et Ghezi à Istanbul, a suscité l’intérêt de la recherche pour ce thème. Il y a déjà plus d’une décennie, George Caffentzis (2012) recensait des milliers de publications sur les communs, une littérature qui n’a fait qu’augmenter depuis. Parmi ces travaux, nous retrouvons différentes compréhensions et définitions des communs, qui se revendiquent de traditions théoriques fort distinctes, menant parfois à des analyses contradictoires du même phénomène. De plus, différents organismes font usage du terme dans des contextes qui en déforment passablement le sens, comme lorsque la Banque mondiale expulse des peuples traditionnels de leurs territoires au nom du « patrimoine commun de l’humanité » (Federici, 2019). Dans ce contexte, il devient pressant de prendre la mesure de ces enjeux et de cartographier les différentes approches des communs pour tenter d’y voir plus clair, notamment par rapport à certaines thématiques que ce colloque entend prioriser.
Selon la définition proposée par le Collectif de recherche sur les initiatives, transformations et institutions des communs (CRITIC), qui organise ce colloque, les communs sont des ensembles de pratiques sociales ancrés dans des collectivités autodéterminées et des formes de communalisation. Ils répondent à différents besoins et aspirations au moyen de valeurs de partage, de soin, de participation, d’inclusion, de soutenabilité et de convivialité. Promouvant le droit d’usage et le devoir de responsabilité, les communs préfigurent une alternative à la propriété privée et constituent un processus d’apprentissage collectif. Cette définition affiche une volonté explicite de situer les communs dans un contexte sociohistorique, politique et économique plus large pour comprendre leurs dynamiques relationnelles avec les systèmes économiques et les normativités politiques, sociales et culturelles dans lesquelles ils s’insèrent.
En présence de Pierre Dardot et Christian Laval, invités d’honneur du colloque, nous vous proposons d’explorer les communs par le truchement de six axes dans deux conférences de nos invités d’honneur et vingt-cinq présentations universitaires ou terrains :
À ces interventions s’ajoutera une visite hors site à l’Atelier Mauril-Bélanger, où se dérouleront nos activités de réseautage de fin de journée.
Coresponsables : Yann Pezzini, Ambre Fournier et Jonathan Veillette
Titre du colloque :
Thème du colloque :