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Cristian Cabrera Van Cauwlaert : Université d'Ottawa
Les « communs urbains » sont des espaces autogérés par leurs occupants selon la logique de la valeur d'usage, c'est-à-dire de manière non lucrative et pro-sociale (Dellenbaugh, et al., 2020). La plupart des auteurs s'accordent à les considérer comme une alternative possible à la vague de privatisation des espaces urbains, encouragée par les politiques néolibérales (Harvey, 2012 ; Dellenbaugh, 2015 ; Borch et al., 2015). Tout en reconnaissant leur potentiel, le but de cette communication est d’explorer leurs limites en mettant en lumière les points de vue des acteurs qui y occupent une place marginale. Dans cette perspective, les normes et valeurs autour de la gestion des « communs urbains » peuvent se manifester comme une forme de violence et d’exclusion envers certains groupes sociaux. Après avoir examiné le débat autour de la notion de « commun », une réflexion est proposée sur la manière dont la recherche anthropologique pourrait contribuer à faire de ces acteurs des interlocuteurs légitimes dans la création de « commun » pour ainsi retrouver le « droit à la ville » (Lefebvre, 1968), qui leur est refusé par les institutions en place. Quel rôle devrait jouer le chercheur sur le terrain dans la poursuite de cet objectif ?
Le dernier rapport du GIEC réaffirme le consensus scientifique sur l’évolution du climat : réchauffement planétaire, transformation de la biodiversité, émergence plus fréquente des zoonoses, déforestation, épuisement des ressources naturelles et des chaînes alimentaires, démultiplication des catastrophes et de leur intensité, exodes climatiques et bien d’autres phénomènes qui caractérisent les changements climatiques et leurs conséquences.
Ici, nous partons de l’hypothèse que la Terre est littéralement terraformée par deux processus de mondialisation qui sont désormais interdépendants et indissociables : l’urbanisation planétaire (englobement 1, pensé par l’anthropologie de la mondialisation, les études urbaines, la sociologie, etc.) et le changement global (englobement 2, pensé par la science du système-Terre). L’urbanisation planétaire vectorise les changements climatiques, qui vectorisent désormais l’urbanisation planétaire, qui vectorise l’habitabilité (pensée par l’écologie, les études de l’environnement, les sciences sociales, l’architecture, etc.). L’urbain anthropocène est donc la période géo-sociale-historique qui correspond à une montée de la menace sur l’habitabilité et qui nous oblige à développer des cadres conceptuels et des démarches épistémologiques qui nous permettent d’appréhender ces transformations.
L’objectif de ce colloque est de saisir les processus urbains dans une perspective interdisciplinaire et, ainsi, développer une posture épistémologique grâce aux contributions de plusieurs chercheur·e·s. Cela se fera en étudiant les flux, les patchs et les configurations permettant d’appréhender le rôle de l’urbanisation dans les changements climatiques et de comprendre comment les liens entre les villes et la crise climatique reconfigurent l’ordre social, économique, juridique et politique contemporain.
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