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Caroline Payeur : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Nous présenterons la conception et la mise à l’essai d’un jeu pédagogique sur le commerce triangulaire en deuxième année du secondaire. Elle fait l’objet d’un essai en préparation à la maîtrise qualifiante en enseignement de l’univers social. À l’origine, nous avons constaté la grande difficulté chez les élèves de deuxième année du secondaire d’effectuer des opérations intellectuelles, en particulier celle de situer dans l’espace. En effet, plusieurs élèves ne semblent pas avoir acquis cette habileté au primaire et en première année du secondaire. Qui plus est, ils éprouvent beaucoup de difficulté, en deuxième secondaire, à établir des relations entre des faits, en particulier des évènements historiques, et à circonscrire l’espace dans lequel ils se sont produits. Pour remédier à ce problème de façon originale, nous avons pris appui sur le courant de ludification de l’apprentissage reconnu pour la motivation des élèves (Chenette, 2021), et nous nous sommes inspirées de jeux déjà existants pour la classe d’histoire (RECITUS, En ligne; CT2, s. d.). Nous avons conçu un jeu pédagogique amenant les élèves à situer des faits dans l’espace et à analyser des documents. Nous l’avons mis à l’essai dans deux classes de deuxième année du secondaire. À la suite de données collectées avant, pendant et après l’expérience, nous sommes en mesure de nous prononcer sur le potentiel de ce jeu et sur son intérêt pour d’autres classes du secondaire.
L’enseignement des sciences humaines à l’école vise à développer des habiletés intellectuelles relatives à l’argumentation, à la critique, à la synthèse, à l’analyse de documents, etc. (Lee et Shemilt, 2003). Ces habiletés sont réputées outiller les élèves pour faire face aux problématiques sociales actuelles (Dalongeville, Éthier et Lefrançois, 2022). Cependant, si, d’un côté, les élèves démontrent des capacités à exercer ces habiletés lorsqu’il y a des séquences consacrées à cet effet (Cariou, 2022; Doussot, 2018), d’un autre côté, le personnel enseignant semble privilégier la mémorisation afin d’assurer la transmission de connaissances essentielles (Boutonnet, 2015; Moisan et Saussez, 2019).
Pourtant, la plupart des modèles théoriques sur la pensée historienne ou géographique convergent pour proposer des activités qui mènent les élèves au-delà de la mémorisation. Comment alors favoriser un enseignement critique des sciences humaines? Quels apprentissages sont essentiels? Quels dispositifs d’enseignement permettent de réaliser ces apprentissages? Quelles contraintes pourraient limiter certains apprentissages ou certaines pratiques?
Plusieurs ressources et moyens didactiques peuvent être mobilisés afin de réaliser des apprentissages complexes et durables. Les approches fondées sur la problématisation, la conceptualisation, le débat, l’argumentation, l’usage critique de ressources semblent montrer des effets positifs sur le développement d’habiletés intellectuelles. Mobiliser des savoirs et des habiletés intellectuelles demeure une priorité pour l’école et les programmes, mais dans quelles conditions? Et avec quels moyens? Ce colloque vise à échanger et à proposer des pistes de solution pour favoriser un enseignement critique des sciences humaines tout en considérant les contraintes inhérentes au travail enseignant, mais aussi en posant un regard critique sur les propositions théoriques afin de mieux arrimer les finalités, les apprentissages et les pratiques.
Titre du colloque :