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Jacqueline Sierra : Compagnie Libi na weli
Le questionnement autour de la responsabilité sociale de l’artiste traite une problématique spécifique : comment apporter, à travers l’art, sinon une solution, du moins une ouverture à des populations culturellement et socialement fragilisées ? L’artiste propose une activité artistique à un public en situation de détresse. La position que doit prendre l’artiste s’avère complexe, car il ne s’agit pas seulement de transmettre un savoir-faire ; il s'agit de connaître le contexte social et de le comprendre. Un changement, une réponse sont attendus dans des délais courts, avec des budgets souvent serrés. Des interrogations émergent : comment traiter une problématique sociale sans avoir une formation spécifique et tous les outils dans ce domaine ? Quelle action proposer allant dans le sens de sa propre réflexion artistique, qui soit à la fois pertinente et ludique sans pour autant bifurquer dans le domaine de l’animation ?
Pour envisager une réponse face à cette demande, l’artiste doit mettre à disposition les "outils" qu'elle possède, dont ceux inhérents à sa pratique artistique. Il lui est donc indispensable de s’interroger sur ses processus de création, sur ses sujets de recherche, sur ses partis pris et tout ce qui concerne la réflexion autour de son activité créatrice. Car ce sera à partir des créations de l’artiste et de son processus que découleront les propositions, actions et interventions adressées à ces populations. D'où la recherche-création, approche ici développée.
DESCRIPTION
Problématique
Le paradoxe consiste en ce que la langue est à la fois créatrice de culture et produit de la culture. Aussi est-elle un instrument de résistance à l’hégémonie linguistique et, par conséquent, à l’hégémonie culturelle. Voilà la principale question que soulève notre colloque, les interrogations suivantes résultant des différentes situations de diglossie existantes (Ninyoles, 1969 ; Aracil, 1980) et des propositions produites par les populations linguistiquement et culturellement subalternisées.
On peut donc, avec Deleuze (1976), postuler que, par l’art, on surcode la langue, lui permettant de dépasser ses signes figés. Autrement dit, le langage fuit la langue. Notre colloque pose également la question de la déterritorialisation/reterritorialisation (Deleuze, Avenir de linguistique, 1976), comme un autre pouvoir, hétérogène à une langue principale, constituant alors une autre géolinguistique, non traitée par le pouvoir majoritaire/dominant ; il y a alors microluttes, réaction des subalternes.
Sont concernés par ce questionnement tant les arts et les artistes invisibilisés sur leur propre territoire, comme c’est souvent le cas des artistes autochtones, déprécié·e·s et rabaissé·e·s au rang d’artisan·e·s, que les artistes qui ont dû s’exiler pour s’exprimer.
Nous discutons donc également cette hypothèse dans le contexte québécois, auprès d’artistes réfléchissant à leur propre pratique (chorégraphes, dramaturges, plasticiennes et plasticiens, poètes, etc.). Ces démarches, tant celles des acteurs sociaux résidant sur leur territoire d’origine que celles des artistes exilés, peuvent mener à une désaliénation des savoirs qui dépassent la barrière de la langue.
Notre colloque pose la question exposée précédemment à partir du rapport entre langue et langage, pour une hybridation des savoirs entre discours linguistiques, artistiques et phénoménologie.
Axes de réflexion
1) Rapport entre langue hégémonique et langues/langages autres, dans une perspective sociophilosophique
2) La pratique artistique comme alternative à une langue hégémonique et aliénante
3) Processus contradictoires et compatibilité des savoirs
4) Perspectives de re-signification des savoirs lors de parcours croisés (croisements disciplinaires)
5) Catégorisations des arts et artisanats et leurs conséquences économiques (marchandisation versus valeurs)
Possibilités de publication des textes
Les conférenciers pourront soumettre un texte issu de leur présentation, au cours de l’été 2024, en vue d’une publication sous forme d’ouvrage collectif ou de numéro spécial de revue. Des informations supplémentaires seront fournies dans les prochains mois. Les articles soumis seront évalués par un comité de lecture.
Titre du colloque :
Thème du colloque :