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Marie-Hélène Brunet : Université d'Ottawa
Des recherches récentes révèlent que des activités de problématisation, notamment lorsqu’elles sont liées à l’utilisation d’images d'archives (Colley, 2015), de témoignages oraux (Opériol, 2023), ou d’une combinaison de plusieurs récits (Brunet, 2016), permettent aux élèves de d’accroître leur compréhension de l’histoire des femmes et du genre. Des ressources, développées en 2022-2023 dans le cadre d’un projet ontarien, s’appuient sur ce type d’approches de même que sur une méthodologie de type recherche-design qui prévoit l’évaluation des dispositifs d’enseignement par divers groupes (didacticien∙ne∙s, historien∙ne∙s, personnel enseignant en formation initiale et continue). L’un des objectifs poursuivis par ce projet est de faire le pont entre les besoins et les pratiques réelles en salle de classe et les recherches récentes portant sur l’enseignement-apprentissage de l’histoire des femmes et du genre. Le processus d’élaboration et de révision de ce matériel a généré plusieurs défis didactiques, dont quatre feront l’objet d’une discussion dans le cadre de la communication proposée : (1) le potentiel et les limites du format choisi; (2) les tensions liées à l’imbrication des ressources avec les attentes des programmes ontariens; (3) l’arrimage avec les concepts de la pensée historique (Seixas & Morton, 2013) et (4) le caractère sensible des thèmes étudiés (Moisan & Hirsh, 2022) ou des documents présentés dans les ressources.
L’enseignement des sciences humaines à l’école vise à développer des habiletés intellectuelles relatives à l’argumentation, à la critique, à la synthèse, à l’analyse de documents, etc. (Lee et Shemilt, 2003). Ces habiletés sont réputées outiller les élèves pour faire face aux problématiques sociales actuelles (Dalongeville, Éthier et Lefrançois, 2022). Cependant, si, d’un côté, les élèves démontrent des capacités à exercer ces habiletés lorsqu’il y a des séquences consacrées à cet effet (Cariou, 2022; Doussot, 2018), d’un autre côté, le personnel enseignant semble privilégier la mémorisation afin d’assurer la transmission de connaissances essentielles (Boutonnet, 2015; Moisan et Saussez, 2019).
Pourtant, la plupart des modèles théoriques sur la pensée historienne ou géographique convergent pour proposer des activités qui mènent les élèves au-delà de la mémorisation. Comment alors favoriser un enseignement critique des sciences humaines? Quels apprentissages sont essentiels? Quels dispositifs d’enseignement permettent de réaliser ces apprentissages? Quelles contraintes pourraient limiter certains apprentissages ou certaines pratiques?
Plusieurs ressources et moyens didactiques peuvent être mobilisés afin de réaliser des apprentissages complexes et durables. Les approches fondées sur la problématisation, la conceptualisation, le débat, l’argumentation, l’usage critique de ressources semblent montrer des effets positifs sur le développement d’habiletés intellectuelles. Mobiliser des savoirs et des habiletés intellectuelles demeure une priorité pour l’école et les programmes, mais dans quelles conditions? Et avec quels moyens? Ce colloque vise à échanger et à proposer des pistes de solution pour favoriser un enseignement critique des sciences humaines tout en considérant les contraintes inhérentes au travail enseignant, mais aussi en posant un regard critique sur les propositions théoriques afin de mieux arrimer les finalités, les apprentissages et les pratiques.
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