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Andres Larrea : UQAM - Université du Québec à Montréal
La communauté indigène Diaguita Los Huascoaltinos, située dans la cordillère andine du désert d’Atacama, Chili, est affectée par un processus de dépossession territoriale et hydrique au profit des industries minière et agricole. Le suivi des multiples conflits associés à la fragmentation territoriale sur les 4320km2 de territoire revendiqué est l’une des plus importantes responsabilités institutionnelles du comité de direction de la communauté. Cette recherche menée en collaboration avec les autorités communales entre août 2022 et septembre 2024 vise le développement d’une banque de données cartographiques des conflits territoriaux et hydriques. À cette fin, nous déployons la cartographie participative mobilisant des connaissances locales; l’observation participante d’activités de gouvernance territoriale; des entrevues semi-dirigées; et l’analyse de documents contemporains et historiques, incluant les cadastres des propriétés et des canaux d’irrigation, le registre du système d’évaluation environnementale, et des images satellitales multispectrales. La banque de données cartographique résultante centralise ces sources d’information et systématise les pertes territoriales et l’accaparement des ressources hydriques, permettant ainsi d’associer les changements d’usages des sols aux modalités de dépossession et aux vulnérabilités socio-écologiques produites.
Les travaux de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec : écoute, réconciliation et progrès (Commission Viens), entre 2017 et 2019, ont mis en lumière les difficiles expériences vécues par plusieurs personnes autochtones d’âge et de genre différents lorsqu’elles sont confrontées au monde institutionnel québécois. La Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse (Commission Laurent), qui s’est déroulée en 2020, a également accordé une grande attention aux parcours parsemés d’embûches des parents et des enfants des Premières Nations ou des Inuits à l’intérieur d’un système peu à même de considérer leurs besoins spécifiques. Ce ne sont là que quelques aspects d’un enjeu sociétal beaucoup plus large, beaucoup plus complexe et beaucoup plus ancien : celui du mieux-être et de la qualité de vie de populations trop longtemps laissées à l’écart et faisant régulièrement les frais de politiques et de programmes publics insuffisants à rencontrer leurs attentes et à comprendre leurs trajectoires de vie. Cependant, bien que les défis soient encore de taille aujourd’hui, le portrait d’ensemble se module tranquillement à la faveur d’initiatives qui voient le jour un peu partout au Canada, en Nouvelle-Zélande et en Australie, qui visent à redéfinir les rapports hiérarchiques et unilatéraux colorant trop souvent encore les relations entre les Autochtones et les non-Autochtones, dans le domaine de la santé comme en d’autres domaines (éducation, environnement, employabilité, justice, etc.). Ces initiatives sont l’œuvre d’instances autochtones en mesure de combattre, par l’affirmation, l’action et l’innovation, les inégalités et les injustices qui marquent depuis longtemps les trajectoires de leurs concitoyen·ne·s. Le présent colloque mettra l’accent sur quelques-unes de ces initiatives en favorisant les échanges et le partage entre chercheur·se·s, gestionnaires autochtones et intervenant·e·s.
Titre du colloque :