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Économie politique des données et Anthropocène: flux énergétiques et informationnels dans les villes contemporaines

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Gustavo Denani : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Les villes sont un medium (Kittler 1996) soutenu par une diversité d'infrastructures (Mattern 2015). En tant que médium, elles véhiculent des signes qui codent des flux de nature diverse, tels que les personnes, les marchandises et l'argent. La dimension sémiotique est indissociable de l'infrastructural, qui fournit les conditions matérielles et techniques pour les flux susmentionnés, ainsi que d'autres qui ne sont pas toujours apparents, tels que les déchets et l'énergie. On peut dire que différents régimes de signes (Deleuze et Guattari 1980), chacun avec son support matériel, impliquent différents agencements spatio-temporels d'une ville. La modalité contemporaine de ce régime peut être décrite par la séparation entre l'énergie et l'information (Simondon, 2013), de telle sorte qu'il y a une interdépendance entre l'information numérique (les données) et l'énergie électrique.

Dans le contexte du changement climatique, cette interdépendance devient un risque, non seulement en raison du potentiel destructeur des événements extrêmes, mais surtout en ce qui concerne le coût d'exploitation de ces flux, en particulier dans les pays qui dépendent des centrales hydroélectriques, comme c'est le cas du Brésil. Ainsi, en présentant un historique récent de la production et de la consommation d'énergie et d'information dans le pays, une proposition de cadre théorique sera faite pour articuler l'économie politique des données et l'anthropocène dans le contexte urbain.

Résumé du colloque

Le dernier rapport du GIEC réaffirme le consensus scientifique sur l’évolution du climat : réchauffement planétaire, transformation de la biodiversité, émergence plus fréquente des zoonoses, déforestation, épuisement des ressources naturelles et des chaînes alimentaires, démultiplication des catastrophes et de leur intensité, exodes climatiques et bien d’autres phénomènes qui caractérisent les changements climatiques et leurs conséquences.

Ici, nous partons de l’hypothèse que la Terre est littéralement terraformée par deux processus de mondialisation qui sont désormais interdépendants et indissociables : l’urbanisation planétaire (englobement 1, pensé par l’anthropologie de la mondialisation, les études urbaines, la sociologie, etc.) et le changement global (englobement 2, pensé par la science du système-Terre). L’urbanisation planétaire vectorise les changements climatiques, qui vectorisent désormais l’urbanisation planétaire, qui vectorise l’habitabilité (pensée par l’écologie, les études de l’environnement, les sciences sociales, l’architecture, etc.). L’urbain anthropocène est donc la période géo-sociale-historique qui correspond à une montée de la menace sur l’habitabilité et qui nous oblige à développer des cadres conceptuels et des démarches épistémologiques qui nous permettent d’appréhender ces transformations.

L’objectif de ce colloque est de saisir les processus urbains dans une perspective interdisciplinaire et, ainsi, développer une posture épistémologique grâce aux contributions de plusieurs chercheur·e·s. Cela se fera en étudiant les flux, les patchs et les configurations permettant d’appréhender le rôle de l’urbanisation dans les changements climatiques et de comprendre comment les liens entre les villes et la crise climatique reconfigurent l’ordre social, économique, juridique et politique contemporain.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 14 mai 2024

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