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Béatrice De Montigny : Université d'Ottawa
Former à l’éducation à la sexualité peut apparaître comme un défi d’envergure face à une population étudiante diversifiée, tant au niveau des profils disciplinaires, des croyances, des connaissances, des valeurs que des identités (Dalley et Nzali, 2022). La présente communication propose de répondre à la question suivante : Est-il possible de parler de sexualité positive (Richard, 2023; UNESCO, 2023) en accueillant la diversité des étudiant.es? Je propose une autoethnographie retraçant une expérience d’enseignement en contexte francophone ontarien. Le cadre théorique utilisé est celui de la toile de l’égalité dans l’éducation primaire (Collet, 2018), qui rejoint le modèle pédagogique critique de Richard (2019) dont l’un des aspects novateurs est l’appel à la participation des élèves afin de les amener à s’interroger sur les normes. Les résultats démontrent qu’il est possible de parler de sexualité positive en respectant à la fois les lois et valeurs canadiennes ainsi que les valeurs et croyances propres à chaque personne étudiante. En invitant ces dernier.ères à participer, à poser des questions et en offrant des activités didactiques variées, tout en ne formulant pas de jugement de valeurs, les étudiant.es sont amené.es à faire un cheminement personnel favorisant la prise de conscience et l’acception des normes déontologiques de la profession enseignante, bien que parfois différentes ou même opposées à leurs valeurs.
Ce colloque s’intéresse à la question de l’équité et de l’inclusion à l’école du point de vue des didactiques disciplinaires. Devant la diversité des apprenants, qui peut être d’origine ethnoculturelle, religieuse, de genre, socioéconomique, ou encore en lien avec les difficultés d’apprentissage et d’adaptation (Potvin, 2014; Rousseau et al., 2014; Solar, 2007), la réussite et l’égalité des chances des élèves à l’école constituent un enjeu social important (ex. : Conseil supérieur de l’éducation, 2014, 2017; OCDE, 2021; Vallet, 2008) auquel les disciplines scolaires peuvent contribuer.
Les notions d’équité et d’inclusion englobent les principes d’égalité d’accès et d’égalité des chances. Elles présupposent la remise en question des barrières systémiques, afin de fournir à chaque élève différents niveaux de soutien pour accéder, participer pleinement et tirer le meilleur parti d’un programme d’éducation donné (Joncas et al., 2022, p. 5).
Si cette problématique est documentée depuis de nombreuses décennies dans des disciplines comme la sociologie de l’éducation, la psychologie ou la psychopédagogie, dans le champ des didactiques, les travaux restent encore parcellaires. À titre d’exemple, comme le soulignent Verscheure et Collet (2023), « dans le champ des didactiques, la question du genre n’a fait que rarement l’objet d’études » (p. 14). Une synthèse réalisée par Messiou (2017) montre que les articles portant sur des pédagogies ou des disciplines scolaires spécifiques concerneraient moins de 1 % du corpus de textes publiés dans la revue International Journal of Inclusive Education, de 2005 à 2015. Dans ce contexte, la question centrale proposée dans le présent colloque est la suivante : comment les disciplines d’enseignement, par les contenus qu’elles véhiculent, l’organisation de ces derniers ainsi que les modalités de leur enseignement-apprentissage peuvent-elles favoriser l’équité et l’inclusion des élèves à l’école?
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