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Anne-Marie Dionne : Université d'Ottawa
L’empathie cognitive est une compétence que les enfants acquièrent lorsqu’ils sont en mesure de mentaliser et de comprendre les pensées d’autrui. Deux concepts qui lui sont associés sont la théorie de l’esprit et la prise de perspective (Kucirkova, 2019). Or, des avancées théoriques portent à croire que certains albums de littérature de jeunesse pourraient soutenir le développement de l’empathie cognitive des enfants (Fonagy, 2018; Nikolajeva, 2015). Mais, qu’est-ce qui caractérise ces albums et comment peut-on en tirer profit en faisant la lecture à voix haute aux élèves?
Nous avons analysé une cinquantaine d’albums ayant été sélectionnés par des enseignantes pour faire la lecture à voix haute à leurs élèves. Dans ces albums, nous avons relevé des éléments reliés à des concepts qui sous-tendent le développement de l’empathie cognitive, ce qui a permis de cerner quelques caractéristiques. Par ailleurs, nous avons eu l’occasion d’observer les enseignantes alors qu’elles faisaient la lecture de ces albums à leurs élèves. Nous avons noté que certaines d’entre elles instauraient habilement un dialogue susceptible d’étayer le développement de l’empathie cognitive de leurs élèves. Lors de notre exposé, nos propos seront ponctués d’exemples provenant des albums analysés et d’extraits rapportant les interactions entre les enseignantes et les élèves lors des séances de lecture à voix haute, ce qui nous permettra d’apporter des éléments de réponse aux questions précitées.
Les livres jeunesse revêtent plusieurs rôles pour les enfants qui les lisent, et le milieu scolaire s’avère un terreau fertile pour les explorer (Giasson, 2000). Selon Nikolajeva (2014), les livres jeunesse contribuent à développer la connaissance du monde, la connaissance de soi et la connaissance de l’autre. Certains s’intéressent à ces différents axes de la connaissance par le truchement des livres jeunesse. Par exemple, quant à la connaissance du monde, cela peut être par le recours aux livres jeunesse pour initier des élèves de premier cycle à des concepts abstraits comme le temps, l’espace et les sociétés (Boulet, 2022) ou pour développer leur vocabulaire (Cuerrier, 2019). Pour ce qui est du recours aux livres jeunesse pour connaître une réalité semblable à la sienne ou différente, cela peut se traduire par des études de cas où il y a une mise en scène de fratries composées de personnages vivant avec un handicap (Joselin et Dayan, 2022) ou de personnages vivant un deuil (Henky, 2022). Ces brefs exemples montrent bien l’étendue des sujets quant aux connaissances que les livres jeunesse peuvent apporter aux lectrices et aux lecteurs. Outre ces apprentissages variés, les livres jeunesse contribuent également à la réflexion, pensons simplement au potentiel à philosopher avec les enfants grâce aux livres jeunesse (Chirouter, 2008, 2015). Sur le plan de l’émotion, certains considèrent les livres jeunesse utiles pour développer l’empathie fictionnelle (Larrivé, 2014, 2015), alors que d’autres s’intéressent aux émotions telles que véhiculées par les personnages (Bowen, 2022; Dionne, 2020). Compte tenu de cette diversité des rôles des livres jeunesse, il paraît essentiel de continuer à les explorer pour faire avancer les connaissances.
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