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Marc-André Éthier : Université de Montréal
Cette étude de cas analyse le travail d’élèves du secondaire engagés dans une démarche historienne en enquêtant sur l’actualité, avec un accent mis sur la critique des sources. Plusieurs chercheurs en didactique de l’histoire soulignent l’importance de la pensée critique dans l’enseignement de cette discipline, basée sur des opérations intellectuelles telles que l’indexation, la contextualisation et la corroboration (Wineburg, 2000). Cependant, la pensée critique semble sous-exercée et sous-évaluée dans les écoles québécoises malgré son apprentissage possible dès le primaire. L’étude, menée en 2021-2022 avec trois enseignants de deux écoles secondaires de Montréal, explore l’effet d’un enseignement axé sur l’enquête historienne sur le développement des compétences des élèves. Elle se concentre sur l’utilisation par les élèves d’euristiques pour enquêter à partir de sources primaires et sur le transfert de ces compétences dans l’analyse de questions sociales actuelles. La recherche s’est poursuivie en 2022-2023 et 2023-2024, en portant une attention accrue à l’usage de l’euristique de la contextualisation, bien que la démarche historienne soit holistique et itérative. Les résultats mettent en lumière les consignes des enseignants, les démarches des élèves, et les rapports entre le cadre théorique et le dispositif didactique expérimental.
L’enseignement des sciences humaines à l’école vise à développer des habiletés intellectuelles relatives à l’argumentation, à la critique, à la synthèse, à l’analyse de documents, etc. (Lee et Shemilt, 2003). Ces habiletés sont réputées outiller les élèves pour faire face aux problématiques sociales actuelles (Dalongeville, Éthier et Lefrançois, 2022). Cependant, si, d’un côté, les élèves démontrent des capacités à exercer ces habiletés lorsqu’il y a des séquences consacrées à cet effet (Cariou, 2022; Doussot, 2018), d’un autre côté, le personnel enseignant semble privilégier la mémorisation afin d’assurer la transmission de connaissances essentielles (Boutonnet, 2015; Moisan et Saussez, 2019).
Pourtant, la plupart des modèles théoriques sur la pensée historienne ou géographique convergent pour proposer des activités qui mènent les élèves au-delà de la mémorisation. Comment alors favoriser un enseignement critique des sciences humaines? Quels apprentissages sont essentiels? Quels dispositifs d’enseignement permettent de réaliser ces apprentissages? Quelles contraintes pourraient limiter certains apprentissages ou certaines pratiques?
Plusieurs ressources et moyens didactiques peuvent être mobilisés afin de réaliser des apprentissages complexes et durables. Les approches fondées sur la problématisation, la conceptualisation, le débat, l’argumentation, l’usage critique de ressources semblent montrer des effets positifs sur le développement d’habiletés intellectuelles. Mobiliser des savoirs et des habiletés intellectuelles demeure une priorité pour l’école et les programmes, mais dans quelles conditions? Et avec quels moyens? Ce colloque vise à échanger et à proposer des pistes de solution pour favoriser un enseignement critique des sciences humaines tout en considérant les contraintes inhérentes au travail enseignant, mais aussi en posant un regard critique sur les propositions théoriques afin de mieux arrimer les finalités, les apprentissages et les pratiques.
Titre du colloque :