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Claudia Fournier : Université Laval
Pour fonder une famille, la plupart des femmes lesbiennes, bisexuelles, ou pansexuelles (LBP) ainsi que des personnes queer, trans ou non-binaires (QTNB) ont besoin de matériel génétique extérieur à leur couple. Alors que plusieurs d’entre elles suivent la voie de la procréation médicalement assistée (PMA), elles sont de plus en plus nombreuses à se tourner vers les réseaux socio-numériques pour chercher un don de sperme, et réaliser une insémination en-dehors du réseau médical. L'émergence de cette pratique met en lumière les enjeux d'accessibilité auxquels sont confrontées les femmes LBP et les personnes QTNB pour devenir parents. Elle soulève également des questions sur les normes et les limites des pratiques médicales traditionnelles, ainsi que sur le rôle et les risques des réseaux socio-numériques dans la redéfinition des modes de procréation. Cette présentation expose l’expérience de 15 personnes et couples de femmes LBP et personnes QTNB ayant eu recours à la PMA, à la recherche de don de sperme en ligne, ou aux deux, et qui ont livré leurs témoignages dans le cadre d’une étude qualitative menée dans plusieurs régions du Québec. Les implications de ces deux pratiques sont également discutées en termes d’accessibilité, de fiabilité et de sécurité pour les femmes LBP et les personnes QTNB. Enfin, des pistes de réflexion sont proposées pour une meilleure prise en compte de leurs besoins spécifiques dans les politiques et pratiques de santé reproductive.
Depuis quelques décennies, les techniques de procréation médicalement assistée (PMA) suscitent un intérêt soutenu de la part de chercheurs et de chercheuses d’horizons variés. Entre procédures médicales toujours plus poussées (comme la vitrification, le transfert de mitochondries, l’utilisation de l’intelligence artificielle…) et nouvelles pratiques sociales (la normalisation de la gestation pour autrui, la fin de l’anonymat des personnes donneuses, la reconnaissance de la diversité sexuelle et de genre, la parentalité à un âge avancé…), la PMA continue d’élargir le champ des possibles pour les personnes infertiles et celles dont la configuration familiale ou personnelle sort du modèle hétéronormatif. Devant cette créativité biosociale, de nouveaux acteurs se regroupent autour de projets familiaux qui (re)combinent du personnel soignant, des spécialistes de laboratoire, de futurs parents, des tiers de procréation et des membres d’organismes de soutien psychosocial. Parallèlement, la diffusion des techniques de PMA a entraîné une déterritorialisation des pratiques suivant les lignes de fractures d’un encadrement légal hétérogène et de marchés transnationaux de cellules et de services. Dans ce contexte, nous voyons apparaître un ensemble de pratiques hétérogènes aux marges de la PMA qui appelle à son tour à intégrer la pensée sociale sur la PMA. Ce colloque proposera une réflexion sur ces marges et les nouveaux enjeux qu’elles font émerger.
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