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Initiatives Équité – Diversité - Inclusion et Neurodiversity Lite: Expériences vécues de chercheur·es Autistes

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Marjorie Désormeaux-Moreau : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Problématique. En 2012, Milton1 soulignait que malgré une attention accrue portée à l’autisme, les personnes autistes demeuraient réduites au silence, sauf pour une participation symbolique. Une décennie plus tard, le silence, le tokenisme et l’exclusion des personnes autistes (et autres personnes neurominorisés) perpétuent les injustices épistémiques et les oppressions. Objectifs. Explorer les conséquences de l’instrumentalisation et de la co-optation de la neurodiversité (c.-à-d. la diversité neurocognitive2) dans les initiatives et les projets en matière d’équité, de diversité et d’inclusion (EDI). Approche. Prenant appui sur nos propres expériences en tant que chercheur·es et militant·es Autistes, nous présenterons deux récits par lesquels nous illustrerons les injustices épistémiques qu’entraînent de telles pratiques. Nous analyserons ensuite comment ces récits révèlent le phénomène de Neurodiversity Lite3, contributif à l’exclusion et à la marginalisation des expériences et des perspectives autistes. Contribution. Nous avançons que pour rompre avec le Neurodiversity Lite, il importe de reconnaître que toute position sociale s’accompagne de limitations épistémiques et qu’il est donc essentiel de cultiver une posture d’humilité épistémique. Nous proposerons des pistes de réflexions et d’actions – des pistes de résistance épistémique4, pour non seulement examiner, mais fondamentalement transformer la neuronormativité5, et ce, pour tendre vers une véritable neuroinclusion.

Résumé du colloque

Ce colloque souhaite orchestrer une réflexion interdisciplinaire sur les injustices épistémiques—réflexion que l’on souhaite aborder sous divers angles (théorique, méthodologique, pratique, empirique). Champ de recherche fort dynamique, cette littérature s’intéresse aux diverses inégalités et injustices liées à l’acquisition, au partage et à la reconnaissance de certains savoirs, et aux liens étroits entre ces inégalités et les rapports de pouvoir. Ces recherchent tentent en outre de saisir comment les préjugés négatifs ambiants (e.g. sexistes, âgistes, capacitistes, sanistes, racistes, classistes) affectent la crédibilité accordée aux savoirs de certains groupes, mais aussi à réfléchir aux moyens de pallier à ces déficits de crédibilité et à la marginalisation. Bien que de nombreux écrits féministes et décoloniaux aient précédemment exploré certaines facettes des phénomènes en question, l’ouvrage phare de Miranda Fricker, Epistemic Injustice (2007), a donné un cadre analytique bien défini au sujet – un cadre repris, critiqué et amendé par plusieurs chercheurs et chercheuses dans la dernière décennie. L’importance et la pertinence de ce corpus est considérable pour les sciences sociales, car il soulève des enjeux complexes sur nos façons de produire et de partager des connaissances. Comment produire celles-ci avec les personnes et les communautés étudiées? Comment bien reconnaître les différentes formes de savoirs? Et comment réfléchir sur les inégalités produites par les nouvelles connaissances ou par certaines méthodologies de recherche?

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 14 mai 2024

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