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David Beaulieu : Cégep André-Laurendeau
Les populations des Andes péruviennes souffrent déjà des changements climatiques. Pour modéliser les conséquences de la fonte des glaciers et observer la croissance de la flore, une équipe du programme de Technologie du génie physique du cégep André-Laurendeau a proposé à des partenaires péruviens de concevoir une station météo, de la fabriquer en laboratoire au Québec et de l’installer au Pérou, en janvier 2024. Un premier montage, en collaboration avec une équipe de l’Université continentale du Pérou à Huancayo, a été installé sur un des sites de recherche pour récolter des données météorologiques. Celles-ci permettent maintenant aux chercheur.euses du Pérou de documenter l’impact du climat sur la croissance d’une rare espèce d’arbre indigène vivant à 4 200 mètres d’altitude. Une deuxième station a été installée à près de 5 000 mètres d’altitude, sur le glacier Ausangate. Conjointement à une photogrammétrie par drone au même moment, les données récoltées par cette station permettent de suivre l’évolution de la fonte d’une section du glacier et de comprendre davantage l’impact des différentes variables météorologiques sur celle-ci. Elles nous aideront à modéliser le taux de fonte et à mieux prévoir l’apport en eau potable que pourra fournir ce glacier aux populations locales dans les prochaines décennies. Ces deux stations météorologiques transmettent par satellite les données récoltées et les partenaires peuvent maintenant les visualiser en ligne en temps réel.
La présence de la recherche collégiale croît constamment à l’intérieur du plus grand rassemblement scientifique multidisciplinaire de la francophonie que représente le congrès de l’Acfas. Or, si l’on peut se réjouir de cette avancée, il n’en demeure pas moins que la recherche collégiale fait face à des enjeux majeurs en ce qui a trait à son rayonnement. L’un de ceux-ci est que l’on s’attend trop souvent à en trouver un portrait exhaustif, constamment à jour, alors que personne ne s’étonne qu’une telle représentation n’existe pas pour ce qui est de la recherche universitaire. Le défi est pourtant de taille, compte tenu de l’ampleur du réseau collégial : quelque 100 unités de recherche, sans compter les chercheuses et chercheurs autonomes au sein des 82 établissements d’enseignement, ou encore, affiliés à une unité de recherche universitaire, au Québec seulement. Par ailleurs, les indicateurs traditionnels des retombées de la recherche en enseignement supérieur, soit la mesure du nombre et de la qualité des publications — surtout savantes —, de la taille du financement public et privé ainsi que des prix obtenus, sont loin de refléter fidèlement ou entièrement l’ensemble de la recherche collégiale. D’autres indicateurs doivent être utilisés, dont certains sont de plus en plus reconnus en recherche, comme le transfert de technologie ou de connaissances, le réseautage et la formation à la recherche en cours d’études collégiales. Outre ces enjeux, le fait que la recherche soit une activité volontaire au collégial pose un autre défi : l’on ne peut faire l’économie d’affirmer et de réaffirmer sans cesse son existence auprès des individus ainsi que des instances ou organismes, comme l’ont démontré les écrits au fil des ans ainsi que les discussions dans le cadre du récent Chantier sur la recherche au collégial. Le colloque sera un lieu d’échange au sujet de ces enjeux, mais également des politiques et des pratiques permettant de les relever.
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