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Sébastien Girard Lindsay : Université d'Ottawa
Le concept d’écocide forgé au tournant des années 1970 vise à décrire le phénomène de la destruction généralisée des écosystèmes. Les écrits dominants l’envisagent comme une norme criminelle devant être juridiquement contraignante ou comme un comportement criminogène perpétré par l’État (Berat, 1993; Crook & Short, 2014; Gray, 1995; Higgins, 2015; Kramer, 2013; Mwanza, 2018). Notre recherche vise plutôt à comprendre la manière dont l’activité gouvernementale réinvente son action et demeure légitime face aux conséquences socio-environnementales de plus en plus importantes découlant de l’extraction des ressources naturelles. Ainsi, nous envisageons l’écocide comme une problématique de gouvernement, un nouveau champ d’action gouvernemental supporté par un régime de connaissances légitimes. Cette communication souhaite présenter les résultats d’une thèse doctorale en administration publique réalisée en 2024 et conduite en Eeyou Istchee Baie-James. En étudiant la mise en œuvre du projet de restauration du site minier le plus contaminé au Québec, la mine Principale à Chibougamau, cette recherche décrit la structuration d’un nouveau régime d’exploitation des ressources naturelles appelée La gouvernance des écocides, qui s’articule autour de la gestion des risques découlant de l’extraction des ressources naturelles.
Le dernier rapport du GIEC réaffirme le consensus scientifique sur l’évolution du climat : réchauffement planétaire, transformation de la biodiversité, émergence plus fréquente des zoonoses, déforestation, épuisement des ressources naturelles et des chaînes alimentaires, démultiplication des catastrophes et de leur intensité, exodes climatiques et bien d’autres phénomènes qui caractérisent les changements climatiques et leurs conséquences.
Ici, nous partons de l’hypothèse que la Terre est littéralement terraformée par deux processus de mondialisation qui sont désormais interdépendants et indissociables : l’urbanisation planétaire (englobement 1, pensé par l’anthropologie de la mondialisation, les études urbaines, la sociologie, etc.) et le changement global (englobement 2, pensé par la science du système-Terre). L’urbanisation planétaire vectorise les changements climatiques, qui vectorisent désormais l’urbanisation planétaire, qui vectorise l’habitabilité (pensée par l’écologie, les études de l’environnement, les sciences sociales, l’architecture, etc.). L’urbain anthropocène est donc la période géo-sociale-historique qui correspond à une montée de la menace sur l’habitabilité et qui nous oblige à développer des cadres conceptuels et des démarches épistémologiques qui nous permettent d’appréhender ces transformations.
L’objectif de ce colloque est de saisir les processus urbains dans une perspective interdisciplinaire et, ainsi, développer une posture épistémologique grâce aux contributions de plusieurs chercheur·e·s. Cela se fera en étudiant les flux, les patchs et les configurations permettant d’appréhender le rôle de l’urbanisation dans les changements climatiques et de comprendre comment les liens entre les villes et la crise climatique reconfigurent l’ordre social, économique, juridique et politique contemporain.
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