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Jean Horvais : UQAM - Université du Québec à Montréal
Une équipe de médiateurs artistiques en musique développe dans différents lieux (écoles spécialisées, organismes communautaires, services de psychiatrie) une approche singulière de la musique en groupe, par les percussions, dont les destinataires sont des adolescents et des adultes ayant reçu un diagnostic de déficience intellectuelle et/ou d’autisme et souvent catégorisés comme des personnes ayant des troubles (graves) du comportement. A la faveur de différentes phases de recherche-évaluation sur les effets de ce type d’intervention, l’observation a conduit à formuler l’hypothèse selon laquelle la musique joue un rôle déterminant d’activité instituante permettant à des personnes aux comportements habituellement troublants de trouver une place apaisée, d’interagir entre pairs et d’en obtenir de la reconnaissance au sein d’un groupe. La musique pratiquée ensemble, par l’attention et les interactions qu’elle requiert se fait au moins momentanément « conditions d’existence » et à ce titre illustre le propos d’Ardoino et Lourau (1994) qui affirment qu’« il y a une action propre des conditions d’existence et, par conséquent, des structures sociales, sur la genèse des manifestations pathologiques ». p. 20. La musique comme « condition d’existence » instituante peut-elle être considérée comme un invariant d’une pédagogie institutionnelle ? La présentation tentera de justifier cette hypothèse et l’appuiera d’illustrations issues des données de recherche et d’évaluation.
Le colloque vise à organiser la rencontre entre des chercheur·ses et des professionnel·les qui, d’une part, sont engagés dans des pratiques pédagogiques alternatives (à tous les niveaux d’enseignement), et qui, d’autre part, analysent et formalisent ces pratiques. Nous abordons la question des « invariants » des pédagogies alternatives.
Nous considérons qu’il y a pédagogie « alternative » ou « différente » (Viaud, 2005; Reuter, 2021; Hugon, Robbes et Viaud, 2021) dès lors que des praticien·nes s’engagent dans une entreprise de renouvellement et/ou de transformation plus ou moins importante de la forme scolaire (Vincent, 1994; Vincent et al., 2012), en matière de pratiques, de visées, de cadre de référence.
Wagnon (2019) estime toutefois qu’il n’y a pas une seule, mais une « nébuleuse » de pédagogies alternatives. Ce colloque vise à provoquer la réflexion sur les traits récurrents de ces pédagogies dans leur diversité : quels sont leurs « invariants »?
Ces invariants ne se limitent pas aux pratiques, aux techniques, aux méthodes pédagogiques et aux principes fondamentaux ou d’action qui les sous-tendent. Nous considérons deux autres dimensions : 1) leurs effets sur les formateurs comme sur les formés (les apprentissages opérés, les transformations produites chez les sujets, au sein des collectifs, peut-être dans la société); et 2) les processus à l’œuvre dans ces pratiques (dans les modalités de travail du pédagogue ou de l’équipe de pédagogues, dans les conditions d’élaboration et de transformation des dispositifs, dans les processus transformateurs au sein de tels environnements pédagogiques).
Ce colloque réunit à la fois des scientifiques de 10 universités (7 d’Europe, 2 du Québec, 1 du Brésil) et des praticiens, partant du principe que ceux-ci peuvent théoriser leurs expériences et en dégager des principes participant d’un savoir pédagogique (Fabre, 2002) qui peut être partagé au sein de la communauté scientifique.
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