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Sabrina Fortin : Université de Sherbrooke
Au Québec, pour éduquer et sensibiliser les élèves aux changements climatiques, le Programme de formation de l’école québécoise (PFEQ, 2006) inclut un domaine général de formation (DGF) nommé Environnement et consommation, dont les injonctions doivent être abordées en classe à travers les matières disciplinaires de manière transversale. Actuellement, les personnes enseignantes qui font de l’éducation aux changements climatiques font un enseignement des faits, ce qui contribue à une diminution du sentiment de pouvoir agir chez les élèves (Morin, 2021). Dans ce contexte, le champ des arts plastiques peut être à notre avis un excellent levier pour aborder avec les élèves les changements climatiques de façon sensible dans une approche d’appréciation d’œuvres d’art écologique. En effet, l’art contemporain, dont provient le courant de l’art écologique, est un art intellectualisé et critique (Morel, 2013), qui s’engage à sensibiliser la société aux enjeux environnementaux. Pour encadrer les discussions que suscite ces œuvres, nous croyons que la philosophie pour enfant peut répondre à ce besoin tout en contribuant également au développement de la pensée critique et créative des élèves (Sasseville, 2009). Notre présentation mettra en lumière la place que peuvent avoir les arts et la philosophie pour enfants pour une éducation relative aux changements climatiques développant la pensée critique et créative chez les jeunes et ce, de façon plus sensible.
Dans le cadre de nos dernières recherches, nous avons développé un modèle transdisciplinaire du pouvoir d’agir en contexte de crise environnementale et climatique (Agundez-Rodriguez, 2022). Son caractère transdisciplinaire implique un niveau élevé d’intégration de l’apprentissage qui se situe au-delà de plusieurs disciplines ainsi que de leurs intersections (Legendre, 2005). En cohérence avec ce principe de transversalité, le modèle intègre des savoirs issus des domaines de l’éducation relative à l’environnement (ERE) et de la pratique du dialogue philosophique (PDP) en communautés de recherche (Lipman, 1980 et 1988; Lago, 2006; Sasseville et Gagnon, 2007; Gagnon et Sasseville, 2011). En lien avec l’ERE, la transdisciplinarité est ainsi présente dans le modèle par le recours à des savoirs environnementaux issus de mouvements sociaux, autochtones et allochtones, et de mouvements communautaires de la société civile. Les habiletés pratiques, l’expérience directe et la transmission orale sur l’environnement et les changements climatiques y sont associées. En ce qui concerne la PDP, l’objectif du modèle est le développement de la pensée critique (associée aux habiletés comme la contextualisation, l’autocorrection et l’argumentation à l’aide de critères) et créative (associée aux habiletés comme l’imagination, la recherche d’alternatives et l’intuition). L’approche de PDP en communautés de recherche favorise ainsi la réflexion sur le monde dans lequel nous vivons (caractérisé par la crise environnementale et climatique) et permet, en même temps, d’imaginer et de construire le monde dans lequel nous voulons vivre (caractérisé par la stabilité environnementale et climatique). Grâce aux présentations des domaines de l’ERE et de la PDP réalisées au sein de ce colloque, nous pourrions explorer le croisement des éléments de notre modèle et son potentiel pour le développement du pouvoir d’agir en contexte de crise environnementale et climatique.
Titre du colloque :