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La problématisation dans les programmes d'histoire canadiens : étude comparative

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Vincent Boutonnet : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

Plusieurs types d'activités sont recommandées pour l'enseignement de l'histoire, dont la conceptualisation, la problématisation, la périodisation, l'analyse de documents, etc. Nous savons que les pratiques d'enseignement sont tributaires de la formation universitaire, des postures épistémologiques sur la discipline historique, du matériel didactique utilisé ou encore des prescriptions curriculaires. Notre communication vise à comparer les programmes d'histoire nationaux canadiens relatifs à la problématisation en histoire. En effet, la problématisation historique présente une polysémie et propose des cadres théoriques variés qui pourraient avoir une incidence sur les prescriptions curriculaires. Comment définir et utiliser la problématisation en histoire?

Nous avons analysé les programmes d'histoire au secondaire équivalent à la 3e et 4e secondaire du Québec pour les autres provinces canadiennes, dont la Colombie-Britannique, l'Alberta, l'Ontario, les provinces maritimes, etc. Nous utilisons les versions francophones de ces programmes afin de mener une analyse lexicométrique accompagnée d'une analyse de contenus. Cette double analyse nous a permis d'illustrer la présence ou l'absence de définitions, d'exemples, de contextualisations ou d'annexes liées à la problématisation et à son champ sémantique. Nous discuterons des impacts d'une telle variété pour l'enseignement de l'histoire au secondaire et pour la formation à l'enseignement.

Résumé du colloque

L’enseignement des sciences humaines à l’école vise à développer des habiletés intellectuelles relatives à l’argumentation, à la critique, à la synthèse, à l’analyse de documents, etc. (Lee et Shemilt, 2003). Ces habiletés sont réputées outiller les élèves pour faire face aux problématiques sociales actuelles (Dalongeville, Éthier et Lefrançois, 2022). Cependant, si, d’un côté, les élèves démontrent des capacités à exercer ces habiletés lorsqu’il y a des séquences consacrées à cet effet (Cariou, 2022; Doussot, 2018), d’un autre côté, le personnel enseignant semble privilégier la mémorisation afin d’assurer la transmission de connaissances essentielles (Boutonnet, 2015; Moisan et Saussez, 2019).

Pourtant, la plupart des modèles théoriques sur la pensée historienne ou géographique convergent pour proposer des activités qui mènent les élèves au-delà de la mémorisation. Comment alors favoriser un enseignement critique des sciences humaines? Quels apprentissages sont essentiels? Quels dispositifs d’enseignement permettent de réaliser ces apprentissages? Quelles contraintes pourraient limiter certains apprentissages ou certaines pratiques?

Plusieurs ressources et moyens didactiques peuvent être mobilisés afin de réaliser des apprentissages complexes et durables. Les approches fondées sur la problématisation, la conceptualisation, le débat, l’argumentation, l’usage critique de ressources semblent montrer des effets positifs sur le développement d’habiletés intellectuelles. Mobiliser des savoirs et des habiletés intellectuelles demeure une priorité pour l’école et les programmes, mais dans quelles conditions? Et avec quels moyens? Ce colloque vise à échanger et à proposer des pistes de solution pour favoriser un enseignement critique des sciences humaines tout en considérant les contraintes inhérentes au travail enseignant, mais aussi en posant un regard critique sur les propositions théoriques afin de mieux arrimer les finalités, les apprentissages et les pratiques.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
manager icon Responsables :
Vincent Boutonnet
section icon Date : 14 mai 2024

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