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Daniel Laurin : Bureau de coopération interuniversitaire (BCI)
La mise en place, au sein du Bureau de coopération interuniversitaire (BCI), d’un Service de soutien interuniversitaire pour la reconnaissance des acquis est une mesure qui vise à soutenir le développement et la promotion de la reconnaissance des acquis et des compétences (RAC) dans le réseau universitaire québécois.
La RAC permet de prendre en considération la diversité des parcours, faciliter les retours aux études en reconnaissant les expériences de vie et de travail des étudiant.es.
Cette communication propose de présenter les résultats d’études démontrant comment la RAC favorise la persévérance et la réussite scolaire. En second lieu, nous présenterons une analyse de l’impact pour les étudiant.es recourant à la RAC sur leur statut de fréquentation scolaire et leur admissibilité aux programmes d’aide financière ou aux bourses Perspective Québec.
Ces deux constats soulèvent une situation paradoxale entre la promotion de ces mesures favorisant la réussite éducative et les règles d’accès à l’aide financière.
L’imposition de conditions qui ont un impact sur l’aide financière accordée pour les étudiant.es en contexte de RAC va à l’encontre des objectifs de réussite scolaire visés par la Loi québécoise sur l’aide financière aux études et peut avoir un effet dissuasif pour ces mêmes étudiant.es de recourir aux services de RAC offerts par les établissements universitaires.
Au Québec, le modèle d’accessibilité aux études a été mis en place dans les années 1960, avec la création des premiers cégeps, du réseau de l’Université du Québec et de l’adoption de la loi québécoise sur l’aide financière aux études (AFE). Fondé sur la redistribution, le programme d’AFE continue d’avoir des effets positifs sur l’accessibilité à l’enseignement supérieur de plusieurs groupes de la population étudiante en réduisant les barrières financières et les inégalités des chances (Bouchard St-Amant, 2020; Colas et al., 2021).
L’accessibilité financière aux études est aussi favorisée par un gel des droits de scolarité à différents moments depuis les années 1960, fruit des luttes d’un mouvement étudiant structuré et présent dans l’espace public (Beaupré-Lavallée et Bégin-Caouette, 2019). Depuis le « printemps érable » de 2012, le consensus sur l’indexation des droits de scolarité à l’inflation est partagé par l’ensemble des acteurs et actrices de l’enseignement supérieur.
Or, cette inflation est en forte croissance actuellement : l’Indice des prix à la consommation a augmenté de près de 11 % en 2022, un sommet en 40 ans depuis la récession de 1982 (Statistique Canada, 2023).
Dans la population étudiante, les répercussions de l’inflation sont inégales et atteignent davantage certaines personnes étudiantes, dont celles qui sont dans une ou plusieurs des situations suivantes (Bottorff et al., 2020; Savoie-Roskos et al., 2023) : provenir d’un milieu socioéconomique défavorisé; être en situation de handicap; être de la première génération à fréquenter un établissement d’enseignement supérieur; provenir de l’étranger; vivre sur le campus; faire partie de la diversité sexuelle et de genre; s’identifier à une minorité ethnoculturelle; avoir des personnes à charge.
L’accessibilité financière aux études, tout comme la persévérance et la réussite, est compromise par des enjeux liés notamment à l’insécurité alimentaire, au logement étudiant, à l’endettement et à la rémunération étudiante.
Alors que les recherches scientifiques et institutionnelles sur l’accessibilité financière aux études au Québec se concentrent sur différents thèmes, des initiatives et des actions sont parallèlement présentes dans les établissements d’enseignement supérieur : frigos partagés, répertoire de logements disponibles, formations en littératie financière, etc. Le colloque proposé par l’ORES aborde l’accessibilité financière aux études au regard des différentes conditions pour favoriser la réussite étudiante en éclairant des thèmes complémentaires provenant à la fois de savoirs scientifiques et expérientiels.
Le colloque de l’ORES contribue à l’avancement des connaissances notamment en valorisant le partage et la complémentarité des savoirs scientifiques et expérientiels et en favorisant le dialogue entre des chercheurs et chercheuses, et des praticiens et praticiennes d’horizons disciplinaires et de secteurs d’activité différents.
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