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Paulo Roberto Massaro : Universidade de São Paulo
À partir de la conception d'éducation linguistique selon la perspective de la Linguistique Appliquée Critique (Pennycook, 2001), cette communication discutera les résultats d’un projet de recherche-action visant le décloisonnement disciplinaire dans la formation d’enseignants de langues en poste au Brésil. Dans le but de (trans)former (Silva, 2022) la praxis d’enseignants de portugais du Brésil, aussi bien que de trois langues de prestige international (l’anglais, l’espagnol et le français), nous avons constitué une communauté de pratique (Wenger, 2005) où le dialogue, la réflexion et surtout l'expérimentation artistique plurilingue et trans-langagière ont été mobilisé.e.s pour bâtir, par la suite, des projets d'éducation linguistique émancipatrice (Freire, 2006) pour leurs élèves de l'école publique. Grâce à cette approche critique centrée sur l'interrelation entre les langues de la communauté et des œuvres scéniques, musicales et plastiques, les productions des enseignant.e.s indiquent que l’accès transversal à ces répertoires langagiers multiples permet l’irruption d’une nouvelle performance discursive plurilingue et artistique dans laquelle interviennent des aspects identitaires (tels que la race, le genre et l'origine sociale) ainsi que des spécificités locales, rendant compte de la diversité culturelle brésilienne. La plupart de ces expérimentations sont vouées à l’action sociale glocale, accomplie soit sur un terrain concret, soit dans des espaces virtuels.
DESCRIPTION
Problématique
Le paradoxe consiste en ce que la langue est à la fois créatrice de culture et produit de la culture. Aussi est-elle un instrument de résistance à l’hégémonie linguistique et, par conséquent, à l’hégémonie culturelle. Voilà la principale question que soulève notre colloque, les interrogations suivantes résultant des différentes situations de diglossie existantes (Ninyoles, 1969 ; Aracil, 1980) et des propositions produites par les populations linguistiquement et culturellement subalternisées.
On peut donc, avec Deleuze (1976), postuler que, par l’art, on surcode la langue, lui permettant de dépasser ses signes figés. Autrement dit, le langage fuit la langue. Notre colloque pose également la question de la déterritorialisation/reterritorialisation (Deleuze, Avenir de linguistique, 1976), comme un autre pouvoir, hétérogène à une langue principale, constituant alors une autre géolinguistique, non traitée par le pouvoir majoritaire/dominant ; il y a alors microluttes, réaction des subalternes.
Sont concernés par ce questionnement tant les arts et les artistes invisibilisés sur leur propre territoire, comme c’est souvent le cas des artistes autochtones, déprécié·e·s et rabaissé·e·s au rang d’artisan·e·s, que les artistes qui ont dû s’exiler pour s’exprimer.
Nous discutons donc également cette hypothèse dans le contexte québécois, auprès d’artistes réfléchissant à leur propre pratique (chorégraphes, dramaturges, plasticiennes et plasticiens, poètes, etc.). Ces démarches, tant celles des acteurs sociaux résidant sur leur territoire d’origine que celles des artistes exilés, peuvent mener à une désaliénation des savoirs qui dépassent la barrière de la langue.
Notre colloque pose la question exposée précédemment à partir du rapport entre langue et langage, pour une hybridation des savoirs entre discours linguistiques, artistiques et phénoménologie.
Axes de réflexion
1) Rapport entre langue hégémonique et langues/langages autres, dans une perspective sociophilosophique
2) La pratique artistique comme alternative à une langue hégémonique et aliénante
3) Processus contradictoires et compatibilité des savoirs
4) Perspectives de re-signification des savoirs lors de parcours croisés (croisements disciplinaires)
5) Catégorisations des arts et artisanats et leurs conséquences économiques (marchandisation versus valeurs)
Possibilités de publication des textes
Les conférenciers pourront soumettre un texte issu de leur présentation, au cours de l’été 2024, en vue d’une publication sous forme d’ouvrage collectif ou de numéro spécial de revue. Des informations supplémentaires seront fournies dans les prochains mois. Les articles soumis seront évalués par un comité de lecture.
Titre du colloque :
Thème du colloque :