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Kim Dubé : Université d'Ottawa
Bien que Kimberlé Crenshaw ait dénoncé l’unilinguisme comme étant une barrière significative pour les femmes non anglophones aux États-Unis, la majorité des féministes intersectionnelles anglophones n’ont jamais dénoncé l’oppression linguistique comme étant une forme d’oppression qui maintient les femmes en position de subordination. Par conséquent, la question de la langue et des relations de pouvoir demeure pratiquement absente de l’analyse féministe intersectionnelle anglophone.
Au Canada francophone, l'approche intersectionnelle a d’emblée été perçue comme étant anglonormative et a donc été accueillie avec résistance par les féministes francophones. L’opposition de plusieurs féministes francophones à l’approche intersectionnelle s’explique en partie par la menace d’être à nouveau victimes de la colonisation et de l’assimilation anglophone. D’un autre côté, elle s’explique également par le fait que le féminisme intersectionnel encourage une remise en question de ses propres privilèges. Les femmes francophones du Canada, qui se retrouvent également en position de colonisatrices envers les communautés autochtones, sont donc apportées à prendre en compte leur position de femmes privilégiées.
Cette communication abordera les raisons qui permettent d’expliquer une frilosité des féministes franco-canadiennes à l’égard du féminisme intersectionnel et les conséquences sur l’accès aux services en français par les femmes francophones en contextes minoritaires.
NOTE POUR LE 15 mai : Notre colloque du 14 mai sera suivi par des activités gratuites « hors Acfas » le 15 mai, pour lesquelles le transport sera assuré. Pour plus de détails sur ces activités et pour s’inscrire, consultez http://tinyurl.com/4tcwxtjr.
Pour les femmes des communautés de langue officielle en milieu minoritaire (CLOSM) au Canada, les enjeux linguistiques s’entrecroisent avec ceux liés à d’autres marqueurs sociaux et identitaires que la langue. Le fait d’appartenir à un groupe racisé, à une communauté autochtone, à une minorité sexuelle et de genre, de vivre en situation de pauvreté ou de handicap, le fait d’être jeune ou plus âgé ou le fait d’être immigrante sont quelques-uns de ces marqueurs.
Pour mieux en comprendre les effets, des approches transversales, comparatives et intersectionnelles rendent compte d’inégalités, voire de discrimination envers les femmes dans plusieurs secteurs : santé, éducation et emploi. En effet, ces femmes vivent des expériences et des défis uniques. Selon les régions, elles vivent avec des problèmes d’accès à des soins de santé dans leur langue. Elles se retrouvent plus souvent dans le rôle de proches aidantes. Elles sont surreprésentées dans les secteurs caritatifs et communautaires et sous-représentées dans les entités politiques et décisionnelles. Elles ont un traitement différencié dans l’espace médiatique et continuent d’être fortement invisibilisées dans leur contribution à l’histoire et au patrimoine des communautés tout en jouant un rôle important dans la transmission de leur langue maternelle.
Par ailleurs, les débats plus larges sur les définitions de « femme » selon l’évolution des identités sexuelles et des minorités de genre comme constructions sociales remettent en question l’inclusivité des espaces « réservés aux femmes », y compris dans les CLOSM.
Devant ces défis, une meilleure connaissance des enjeux touchant les femmes de ces communautés est nécessaire. Des stratégies de groupes communautaires et des politiques publiques sont à l’œuvre, alors que d’autres sont à mettre en place ou à améliorer.
Ce colloque entend donc réunir l’expertise qui permettra de mieux documenter et d’actualiser la recherche sur les femmes des CLOSM.
Veuillez noter que certaines de nos communications sont présentées en anglais, avec les diapositives en français.
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