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Pierre-Luc Fillion : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Au Québec, les documents ministériels sont explicites quant à la volonté de développer le raisonnement géographique des élèves afin de former des citoyen·nes en mesure de comprendre et d’agir sur des enjeux comme l’épuisement des ressources naturelles ou encore les changements climatiques (Laurin, 2001). Or, la manière dont les élèves déploient cette faculté intellectuelle soulève de nombreux inconnus dans le domaine de la didactique de la géographie. Notre étude doctorale poursuit ainsi l’objectif de décrire les manifestations du raisonnement géographique d’élèves du primaire et du secondaire au sujet des questions territoriales socialement vives.
Cette communication portera sur les résultats obtenus dans trois classes du secondaire et dans une classe du primaire. Au terme d’une brève présentation du projet de recherche et de certains éléments conceptuels et méthodologiques, nous exposerons différents constats qui émanent de l’analyse inductive des données. Les résultats obtenus témoignent d’un portrait contrasté entre les deux ordres d’enseignement. Du côté du secondaire, il se dégage des propos recueillis auprès des élèves une forme d’adhésion au contexte de mondialisation qui semble influer grandement sur le déploiement du raisonnement géographique. Du côté du primaire, la situation d’enseignement et d’apprentissage vécue par les élèves parait plutôt avoir joué un rôle déterminant dans la formation d’une conscience citoyenne et territoriale ainsi que d’un agir écocitoyen.
L’enseignement des sciences humaines à l’école vise à développer des habiletés intellectuelles relatives à l’argumentation, à la critique, à la synthèse, à l’analyse de documents, etc. (Lee et Shemilt, 2003). Ces habiletés sont réputées outiller les élèves pour faire face aux problématiques sociales actuelles (Dalongeville, Éthier et Lefrançois, 2022). Cependant, si, d’un côté, les élèves démontrent des capacités à exercer ces habiletés lorsqu’il y a des séquences consacrées à cet effet (Cariou, 2022; Doussot, 2018), d’un autre côté, le personnel enseignant semble privilégier la mémorisation afin d’assurer la transmission de connaissances essentielles (Boutonnet, 2015; Moisan et Saussez, 2019).
Pourtant, la plupart des modèles théoriques sur la pensée historienne ou géographique convergent pour proposer des activités qui mènent les élèves au-delà de la mémorisation. Comment alors favoriser un enseignement critique des sciences humaines? Quels apprentissages sont essentiels? Quels dispositifs d’enseignement permettent de réaliser ces apprentissages? Quelles contraintes pourraient limiter certains apprentissages ou certaines pratiques?
Plusieurs ressources et moyens didactiques peuvent être mobilisés afin de réaliser des apprentissages complexes et durables. Les approches fondées sur la problématisation, la conceptualisation, le débat, l’argumentation, l’usage critique de ressources semblent montrer des effets positifs sur le développement d’habiletés intellectuelles. Mobiliser des savoirs et des habiletés intellectuelles demeure une priorité pour l’école et les programmes, mais dans quelles conditions? Et avec quels moyens? Ce colloque vise à échanger et à proposer des pistes de solution pour favoriser un enseignement critique des sciences humaines tout en considérant les contraintes inhérentes au travail enseignant, mais aussi en posant un regard critique sur les propositions théoriques afin de mieux arrimer les finalités, les apprentissages et les pratiques.
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