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Caroline Gariépy : Université de Montréal
Le développement des compétences sociales et émotionnelles constitue un apprentissage essentiel pour soutenir le bien-être des élèves à l’école. Plusieurs études ont d’ailleurs démontré des effets significatifs à long terme de dispositifs d’enseignement des compétences socio-émotionnelles sur les différents indicateurs du bien-être. Comment la lecture de récits en classe peut-elle favoriser cet apprentissage? Selon Desmurget (2023), la littérature est une interface privilégiée d’apprentissage socio-émotionnel parce qu’elle autorise des descriptions psychologiques et contextuelles remarquablement détaillées. Selon Beauvais (2023), l’entrée dans l’altérité par la fiction permet une immersion dans le ressenti d’autres personnes. Le récit procure des modèles du monde (Bruner, 2002), stimule l’attention, l’imagination, la mémoire, l’inférence et l’empathie (Nikolajeva, 2014) et permet aux enfants d’explorer d’autres expériences que celles qu’ils ont pu vivre et de découvrir d’autres façons de penser le monde (Chirouter, 2011). Le récit intensifie la vie sociale et relationnelle et met en scène des « caractères », des personnalités singulières, nous conduisant non seulement à nous identifier à d’autres êtres humains, mais surtout à accéder aux ressorts très complexes et subtils de leur vie intérieure (Van der Linden, 2021). Tous ces éléments seront exemplifiés à partir d’albums de littérature jeunesse.
Les livres jeunesse revêtent plusieurs rôles pour les enfants qui les lisent, et le milieu scolaire s’avère un terreau fertile pour les explorer (Giasson, 2000). Selon Nikolajeva (2014), les livres jeunesse contribuent à développer la connaissance du monde, la connaissance de soi et la connaissance de l’autre. Certains s’intéressent à ces différents axes de la connaissance par le truchement des livres jeunesse. Par exemple, quant à la connaissance du monde, cela peut être par le recours aux livres jeunesse pour initier des élèves de premier cycle à des concepts abstraits comme le temps, l’espace et les sociétés (Boulet, 2022) ou pour développer leur vocabulaire (Cuerrier, 2019). Pour ce qui est du recours aux livres jeunesse pour connaître une réalité semblable à la sienne ou différente, cela peut se traduire par des études de cas où il y a une mise en scène de fratries composées de personnages vivant avec un handicap (Joselin et Dayan, 2022) ou de personnages vivant un deuil (Henky, 2022). Ces brefs exemples montrent bien l’étendue des sujets quant aux connaissances que les livres jeunesse peuvent apporter aux lectrices et aux lecteurs. Outre ces apprentissages variés, les livres jeunesse contribuent également à la réflexion, pensons simplement au potentiel à philosopher avec les enfants grâce aux livres jeunesse (Chirouter, 2008, 2015). Sur le plan de l’émotion, certains considèrent les livres jeunesse utiles pour développer l’empathie fictionnelle (Larrivé, 2014, 2015), alors que d’autres s’intéressent aux émotions telles que véhiculées par les personnages (Bowen, 2022; Dionne, 2020). Compte tenu de cette diversité des rôles des livres jeunesse, il paraît essentiel de continuer à les explorer pour faire avancer les connaissances.
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