Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Jonathan Veillette : Cégep Édouard-Montpetit
Les pratiques de commoning ont bénéficié d’une certaine reconnaissance par des gouvernements municipaux, qui les ont intégrés en réponse aux grands enjeux du XXIe siècle comme ce fut le cas à Barcelone entre 2015 à 2023. Cette institutionnalisation des communs implique toutefois des tensions, des résistances, des revendications d’autonomie, des tendances à la cooptation. Ces tensions qui sont potentiellement plus fortes lorsque les pratiques de commoning sont le résultat de la nécessité (Aguilar, 2011 ; Composto et Navarro Trujillo, 2018 ; Navarro Trujillo, 2016). Dans cette communication, j’aborderai le cas du Laboratorio para la ciudad, une initiative de la ville de Mexico (2013-2018) qui visait à cocréer la ville avec les citoyens. Ce modèle institutionnel présente toutefois des limites. Comme l’écrit Salvador Medina Rámirez : « le socialisme n’arrivera pas à bicyclette » (Ramírez, 2022), et des municipalités comme la ville de México ne peuvent se contenter de construire des pistes cyclables ou de favoriser la participation citoyenne dans les quartiers cossus. Elles doivent aussi répondre aux besoins criants de populations vivant dans les marges de la ville, où le commoning est nécessité. Le cas de l’Organisation populaire Francisco Villa et le Yuguelito servira de second exemple pour explorer les rapports qu'entretiennent ces communs urbains avec les institutions.
« Les communs sont partout ! » observaient déjà plusieurs auteurs et autrices au tournant du 21ᵉ siècle (Dardot et Laval, 2014; Federici, 2019). Le constat de l’utilisation du terme « communs » dans divers contextes, allant de la guerre de l’eau à Cochabamba, en Bolivie, au mouvement altermondialiste, ainsi qu’aux occupations de places comme à Wall Street et Ghezi à Istanbul, a suscité l’intérêt de la recherche pour ce thème. Il y a déjà plus d’une décennie, George Caffentzis (2012) recensait des milliers de publications sur les communs, une littérature qui n’a fait qu’augmenter depuis. Parmi ces travaux, nous retrouvons différentes compréhensions et définitions des communs, qui se revendiquent de traditions théoriques fort distinctes, menant parfois à des analyses contradictoires du même phénomène. De plus, différents organismes font usage du terme dans des contextes qui en déforment passablement le sens, comme lorsque la Banque mondiale expulse des peuples traditionnels de leurs territoires au nom du « patrimoine commun de l’humanité » (Federici, 2019). Dans ce contexte, il devient pressant de prendre la mesure de ces enjeux et de cartographier les différentes approches des communs pour tenter d’y voir plus clair, notamment par rapport à certaines thématiques que ce colloque entend prioriser.
Selon la définition proposée par le Collectif de recherche sur les initiatives, transformations et institutions des communs (CRITIC), qui organise ce colloque, les communs sont des ensembles de pratiques sociales ancrés dans des collectivités autodéterminées et des formes de communalisation. Ils répondent à différents besoins et aspirations au moyen de valeurs de partage, de soin, de participation, d’inclusion, de soutenabilité et de convivialité. Promouvant le droit d’usage et le devoir de responsabilité, les communs préfigurent une alternative à la propriété privée et constituent un processus d’apprentissage collectif. Cette définition affiche une volonté explicite de situer les communs dans un contexte sociohistorique, politique et économique plus large pour comprendre leurs dynamiques relationnelles avec les systèmes économiques et les normativités politiques, sociales et culturelles dans lesquelles ils s’insèrent.
En présence de Pierre Dardot et Christian Laval, invités d’honneur du colloque, nous vous proposons d’explorer les communs par le truchement de six axes dans deux conférences de nos invités d’honneur et vingt-cinq présentations universitaires ou terrains :
À ces interventions s’ajoutera une visite hors site à l’Atelier Mauril-Bélanger, où se dérouleront nos activités de réseautage de fin de journée.
Coresponsables : Yann Pezzini, Ambre Fournier et Jonathan Veillette
Titre du colloque :
Thème du colloque :