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Maria Gheorghiu : Université McGill
Bien que les initiatives visant l’efficacité énergétique des habitations aient le potentiel d’atténuer les effets de la précarité énergétique, elles peuvent contribuer à l’accroissement des inégalités si elles ne rejoignent pas les ménages qui en ont le plus besoin. Afin de documenter la portée de telles initiatives et les enjeux d’équité qu’elles peuvent soulever, ce projet identifie les initiatives mises en place au Québec visant l’amélioration de l’efficacité énergétique résidentielle et les analyse sous l’angle de la justice énergétique. La recherche d’initiatives a été effectuée en ligne. Le cadre de la justice énergétique est utilisé afin d’examiner la distribution des initiatives dans la population ainsi que la portée de la prise en compte des besoins et des perspectives de la population dans leur développement. Parmi les 57 initiatives répertoriées, 61% sont destinées aux propriétaires ou entrepreneurs de nouvelles habitations alors que 39% sont destinées aux locataires ou propriétaires à faible revenu. Alors que les propriétaires et entrepreneurs bénéficient de soutien financier, les ménages à faible revenu ont principalement accès à des conseils et petits équipements. Ces derniers sont peu impliqués dans le processus de création des initiatives qui leurs sont destinées. Pour une transition énergétique résidentielle équitable, une attention accrue doit être portée à la distribution de l’accès et des effets des initiatives visant l’efficacité énergétique.
L’énergie est essentielle pour répondre à nos besoins fondamentaux et est une condition préalable à la santé. Pourtant, plusieurs ménages canadiens n’ont pas accès à des niveaux de services énergétiques adéquats (chauffage, climatisation, éclairage, alimentation des appareils ménagers, etc.) pour maintenir une température intérieure saine, répondre à leurs besoins et vivre dans la dignité — une situation connue sous le nom de précarité énergétique. En effet, un ménage canadien sur cinq, et un ménage québécois sur six, est confronté à la précarité énergétique. Dans les milieux ruraux et les provinces atlantiques, c’est un ménage sur trois qui est en situation de précarité énergétique.
La précarité énergétique expose les ménages à de multiples facteurs de stress et a des répercussions importantes sur la santé, le bien-être et l’inclusion sociale. Les ménages à faible revenu, les locataires, les personnes vivant dans des logements de mauvaise qualité, les femmes, les jeunes adultes, les personnes âgées, les personnes issues de la diversité et les populations autochtones sont plus susceptibles d’être confrontés à la précarité énergétique et à ses conséquences. La précarité énergétique est un phénomène multidimensionnel qui est influencé par les conditions de logement (efficacité énergétique), les caractéristiques des ménages (revenus; mode d’occupation du logement; composition, taille et besoins du ménage) et les systèmes énergétiques, et qui est accentué par les événements climatiques extrêmes.
Alors qu’elle est d’autant plus importante à considérer pour assurer une transition juste et la résilience climatique dans le secteur résidentiel, la précarité énergétique demeure un phénomène méconnu au Canada et est largement absente des politiques et programmes énergétiques, sociaux et d’adaptation aux changements climatiques.
Les objectifs poursuivis par ce colloque sont les suivants :
Titre du colloque :