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Les interrogatives dans l’oralité fictionnelle médiathique

CP

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Claus Dieter Pusch : Albert-Ludwigs-Universität

Résumé de la communication

Notre communication s’inscrit dans un courant de recherche assez prolifique ces dernières années qui étudie les phénomènes de variation langagière dans l’oralité fictionnelle (ou oralité ‘mise en scène’) contemporaine, notamment dans des produits médiathiques audiovisuels, et s’intéresse aux phrases interrogatives du français, qui montrent une gamme variée de formats constructionnels. La base empirique de l’étude est la première saison de la série policière télévisée québécoise « Mensonges » diffusée en 2014. Cette série est particulièrement propice pour notre sujet car une grande partie de l’action se déroule dans la pièce d’interrogatoire où une équipe policière interroge des témoins et des suspects. Un total de 949 phrases interrogatives a été relevé et codé en fonction de paramètres structuraux et situationnels. On présentera d’abord les résultats quantitatifs en les comparant aux résultats issus d’autres études. Les résultats de l’analyse qualitative, quant à eux, indiquent que les créateur.e.s de la série n’exploitent que peu le potentiel sociolinguistique des différents formats interrogatifs, lesquels varient plutôt en fonction de paramètres pragmatiques comme le cadre situationnel et le statut informationnel des renseignements visés par l’acte de langage interrogatif, obéissant ainsi davantage aux nécessités du scénario.

Résumé du colloque

Ce colloque aborde les enjeux sociaux liés aux pratiques langagières dans les formats médiatiques oraux associés au divertissement et les relations complexes entre ces derniers et les publics auxquels ils s’adressent. Si la langue de l’information est relativement bien étudiée sous l’angle d’une norme endogène dans des régions de la francophonie telles que le Québec, on ne peut pas en dire autant des formats médiatiques oraux associés au divertissement, qui se caractérisent par une plus grande diversité de pratiques langagières.

D’un côté, on y observe des productions où le poids de la norme prescriptive, souvent associée au français des Parisiens cultivés, continue à se faire sentir. C’est notamment le cas des films doublés où des productions dans un français « normatif » (terme employé par le milieu) sont encore la règle, et ceci dans plusieurs régions de la francophonie, tout en faisant réagir certaines personnes qui souhaitent reconnaître leur propre culture dans ces produits. De l’autre côté, certaines productions semblent laisser libre cours aux pratiques non standardisées, par exemple les émissions de téléréalité, provoquant également des réactions négatives. Ainsi, les pratiques langagières des candidat·e·s de la téléréalité québécoise Occupation double qui s’écartent de la norme prescriptive sont l’objet de vifs discours épilinguistiques dans la sphère médiatique et entraînent chez ces personnes un sentiment de honte, voire d’insécurité linguistique. Quels que soient les choix langagiers des équipes de production, ceux-ci ne sont pas sans conséquences sociales : le choix du français « normatif » suggère que les autres variétés de français n’ont pas leur place dans la sphère médiatique; le recours à un français socialement ou géographiquement plus marqué attire la critique de certains auditoires.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 14 mai 2024

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