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Les parcours d’agentivité des survivantes de traite de personnes à des fins d’exploitation sexuelle.

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Annie Bernier : Université de Montréal

Résumé de la communication

Pour cette communication orale, nous proposons l’analyse de six parcours de vie de survivantes de traite de personnes à des fins d’exploitation sexuelle. Dans le cadre de cette recherche, les survivantes prennent la parole pour nous expliquer ce qu’elles ont vécu. Guidé par la matrice de l’agentivité et des vulnérabilités de Showden and Majic (2018), nous nous sommes concentrés à documenter ce qu’elles font durant la situation de traite et comment elles parviennent à sortir de la situation de traite de personnes. Il en ressort, notamment, qu’elles parviennent à négocier des espaces d’agentivité lors de la situation d’exploitation et de coercition. L’agentivité est comprise comme la capacité individuelle ou collective d’une personne à agir de manière autonome et déterminée, dans une situation donnée (De Angelis, 2016; Guilhaumou, 2012; McNay, 2016). Ainsi, on y distingue de nombreuses stratégies de résistance et d’adaptation aux violences. Par cette analyse innovante, notre recherche participe ainsi à déconstruire l’image stéréotypée de la victime passive de traite de personnes à des fins d’exploitation sexuelle (Baker, 2013; De Shalit & Heynen, 2014; Jaksic, 2008).

Résumé du colloque

En dépit d’avancées notables dans la promotion de l’égalité des genres au Canada, les manifestations de violences à l’encontre des filles et des femmes subsistent sous différentes formes. Ce constat met en lumière un enjeu important : malgré l’augmentation de la recherche et la mobilisation des connaissances, un manque d’engagement intersectionnel, interdisciplinaire et partenarial perdure, entravant l’adaptation des actions de sensibilisation, prévention, intervention et défense des droits aux complexités des violences faites aux filles, aux femmes et à leurs enfants laissant perdurer des approches cloisonnées.

C’est ici qu’interviennent les collectifs de recherches et d’actions SAS-Femmes et FemAnVi. SAS-Femmes accorde la priorité à la collaboration, en travaillant étroitement avec celles et ceux directement touchés par la violence ou qui les soutiennent, en vue de développer des recherches et des actions contribuant à assurer la sécurité, l’autonomie et la santé des filles et des femmes. FemAnVi vise à développer et soutenir les recherches, interventions sociales et actions militantes s’inscrivant dans les luttes féministes contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Dans les deux cas, les activités poursuivies s’inscrivent dans une démarche de réciprocité et de coconstruction des savoirs impliquant chercheur·e·s, étudiant·e·s, intervenant·e·s, militant·e.s féministes et expertes de vécu.

Les efforts consentis, autant dans SAS-Femmes que dans FemAnvi, s’inscrivent dans une perspective féministe intersectionnelle engagée, favorisant la recherche interdisciplinaire et l’action intersectorielle. Dans une approche appliquée et partenariale, les travaux menés soutiennent la mise au point de méthodes de recherche et de pratiques d’interventions innovantes qui brisent les silos. Les deux collectifs unissent ici leurs efforts afin d’enrichir le dialogue sur les recherches et les actions à prioriser en violences faites aux filles, aux femmes et aux enfants.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 14 mai 2024

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