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L’évolution des demandes et des pratiques de l’État-employeur lors des récentes rondes de négociation dans le secteur parapublic québécois sous l’angle de la NGP : défis et enjeux

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François Bolduc : Université Laval

Résumé de la communication

La dernière ronde de négociation collective dans le secteur parapublic québécois s’est démarquée par l’ampleur de la mobilisation syndicale, mais aussi par une certaine évolution des demandes et des pratiques de l’État-employeur. À ce propos, deux éléments nous semblent particulièrement importants : la volonté de centraliser davantage les négociations et l’importance accordée à la recherche de flexibilité de la main d’œuvre.

Force est d’admettre que la centralisation représente une caractéristique fondamentale de la structure de négociation dans le secteur parapublic québécois, et ce depuis plusieurs années. Or, lors de la plus récente négociation, l’État-employeur a clairement affirmé son désir d’accentuer cette centralisation, entre autres en voulant négocier au niveau national des questions qui étaient historiquement traitées au niveau local. Dans le même sens, la volonté de flexibilisation de la main d’œuvre est aussi présente depuis plusieurs années dans le secteur parapublic.

Cette communication sera l’occasion d’approfondir ce lien entre la NGP et l’action de l’État-employeur lors de la négociation. Nous montrerons que ces actions sont en cohérence avec une certaine représentation du rôle et du fonctionnement du secteur parapublic, s’inscrivant dans la nouvelle gestion publique. Nous analyserons aussi les défis et les enjeux que ces changements posent pour l’acteur syndical.

Résumé du colloque

Depuis la fin des années 1980, l’évolution des politiques publiques québécoises est marquée par l’introduction de la nouvelle gestion publique (NGP) (Hood, 1991), d’abord dans le domaine de la santé (Bolduc, 2018), des services sociaux (Bourque, 2018), puis de la justice (Bernheim, 2023). Les principes à son fondement imposent la rationalisation des finances publiques par l’atteinte d’objectifs mesurables selon des indicateurs d’efficacité, d’efficience, de responsabilité et d’imputabilité. Les conséquences de ce mode de gouvernance sur les organismes et les acteurs du secteur public ainsi que les personnes qui y ont recours sont documentées. D’une part, l’évaluation de la performance du personnel devient tributaire de la célérité de l’intervention sans égard à la complexité de la tâche à accomplir. D’autre part, l’accès aux services publics est de plus en plus difficile en raison de leur rareté, mais aussi de l’imposition de conditions d’accès fondées sur des critères moraux et comportementalistes.

Si l’évolution des politiques publiques et leur implantation dans les domaines de la santé, des services sociaux et de la justice sont documentées, aucune analyse n’a transversalisé les constats dans ces trois domaines en contexte québécois. Or, des liens évidents sont à établir. D’abord, la logique de marché a transformé la conception de ce que sont les services publics. Ensuite, elle a des répercussions sur la qualité du travail des personnes au service de l’État, qu’il s’agisse du sens du travail ou de la capacité à déployer son autonomie professionnelle. Enfin, l’organisation des services sociaux, judiciaires et de santé sur le continuum de services a eu pour effet d’accroître la surveillance et le contrôle des personnes marginalisées, la justice devenant la « porte d’entrée dans les services ».

Le colloque abordera la thématique sous ces trois aspects, en privilégiant les communications portant sur plus d’un des domaines à l’étude.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 14 mai 2024

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