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Tanya Pierre-Sindor : Université McGill
La récente vague de recherches sur la santé des personnes noires américaines donnant naissance , qui révèle des écarts apparents entre les taux de morbidité et de mortalité maternelles, fait ressortir le manque d’intérêt du Canada à l’égard de ce problème potentiel. Contrairement à son voisin du sud, le Canada n’adopte pas une approche concise de la collecte de données sur la santé maternelle en ce qui concerne l’ethnicité ou la race des parents. Pour tenter de dresser un portrait de l’expérience périnatale des personnes noires qui accouchent au Québec, notre équipe a effectué une revue de littérature exhaustive et interviewé une étudiante en médecine qui poursuit également une carrière de doula. Ces outils qualitatifs nous ont permis de cerner les sept principaux facteurs ayant une incidence sur l’expérience des personnes noires qui accouchent au Québec : (1) l’accès à un médecin noir; (2) un robuste système de soutien social; (3) l’accès à des ressources médicales complémentaires; (4) le manque d’empathie de la part des médecins; (5) les déterminants de la santé; (6) l’ensemble des pratiques culturellement dangereuses; (7) la langue dans laquelle les soins sont prodigués.
Cette étude pourrait servir de tremplin à d’autres recherches exhaustives = sur l'expérience des personnes noires donnant naissance et résidant au Québec. Nous cherchons ainsi à susciter d’autres conversations, non seulement sur le plan universitaire, mais aussi, nous l’espérons, sur le plan juridique.
NOTE POUR LE 15 mai : Notre colloque du 14 mai sera suivi par des activités gratuites « hors Acfas » le 15 mai, pour lesquelles le transport sera assuré. Pour plus de détails sur ces activités et pour s’inscrire, consultez http://tinyurl.com/4tcwxtjr.
Pour les femmes des communautés de langue officielle en milieu minoritaire (CLOSM) au Canada, les enjeux linguistiques s’entrecroisent avec ceux liés à d’autres marqueurs sociaux et identitaires que la langue. Le fait d’appartenir à un groupe racisé, à une communauté autochtone, à une minorité sexuelle et de genre, de vivre en situation de pauvreté ou de handicap, le fait d’être jeune ou plus âgé ou le fait d’être immigrante sont quelques-uns de ces marqueurs.
Pour mieux en comprendre les effets, des approches transversales, comparatives et intersectionnelles rendent compte d’inégalités, voire de discrimination envers les femmes dans plusieurs secteurs : santé, éducation et emploi. En effet, ces femmes vivent des expériences et des défis uniques. Selon les régions, elles vivent avec des problèmes d’accès à des soins de santé dans leur langue. Elles se retrouvent plus souvent dans le rôle de proches aidantes. Elles sont surreprésentées dans les secteurs caritatifs et communautaires et sous-représentées dans les entités politiques et décisionnelles. Elles ont un traitement différencié dans l’espace médiatique et continuent d’être fortement invisibilisées dans leur contribution à l’histoire et au patrimoine des communautés tout en jouant un rôle important dans la transmission de leur langue maternelle.
Par ailleurs, les débats plus larges sur les définitions de « femme » selon l’évolution des identités sexuelles et des minorités de genre comme constructions sociales remettent en question l’inclusivité des espaces « réservés aux femmes », y compris dans les CLOSM.
Devant ces défis, une meilleure connaissance des enjeux touchant les femmes de ces communautés est nécessaire. Des stratégies de groupes communautaires et des politiques publiques sont à l’œuvre, alors que d’autres sont à mettre en place ou à améliorer.
Ce colloque entend donc réunir l’expertise qui permettra de mieux documenter et d’actualiser la recherche sur les femmes des CLOSM.
Veuillez noter que certaines de nos communications sont présentées en anglais, avec les diapositives en français.
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