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L’expression artistique et les masques : le problème de la signification à travers les formes et processus d’aliénation, de résistance et de libération

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Benoît Baltus : Université de Guyane

Résumé de la communication

Lors du colloque de Royaumont, Foucault observait le changement profond des techniques d’interprétation révélées par Nietzsche, Freud et Marx. Tout signe se donnerait deux fois, une fois comme simple apparence et une seconde fois comme signe déjà interprété. Le premier nous trahit car, sous les traits de l’apparence, nous croyons que sa seule présence est significative. Le second, en revanche, est un gouffre. Déjà codé, il est irréductible à un signifié stable. De plus, il renvoie l’interprète à s’interpréter lui-même. On découvre un univers de significations, approfondissant sans fin le mouvement interprétatif.

Notre tentative est d'interroger un mode post-colonial qui s’est donné pour tâche de se découvrir par lui-même et non plus par l’extérieur. Pour lui-même et le monde en soi dans lequel il repose. Un horizon de significations vertigineux qui redouble la difficulté en découvrant que, pour son propre monde, il n’y a aucun signifiant adapté. Les formes usuelles par lesquelles il passe sont systématiquement surcodées, les formes qu’il préserve, comme patrimoine et tradition, également.

Ainsi, pour exprimer ce qui se joue depuis cette émancipation, il faut accepter que les re-significations à l'œuvre enfoncent les interprètes dans leur propre mouvement de production culturelle et de savoirs. C’est aussi le moment d’observer les artistes dans leur démarche de production de signes. Qu'y a-t-il de mieux que l’art pour se déjouer des masques et des codages de notre modernité ?

Résumé du colloque

DESCRIPTION

Problématique

Le paradoxe consiste en ce que la langue est à la fois créatrice de culture et produit de la culture. Aussi est-elle un instrument de résistance à l’hégémonie linguistique et, par conséquent, à l’hégémonie culturelle. Voilà la principale question que soulève notre colloque, les interrogations suivantes résultant des différentes situations de diglossie existantes (Ninyoles, 1969 ; Aracil, 1980) et des propositions produites par les populations linguistiquement et culturellement subalternisées.

On peut donc, avec Deleuze (1976), postuler que, par l’art, on surcode la langue, lui permettant de dépasser ses signes figés. Autrement dit, le langage fuit la langue. Notre colloque pose également la question de la déterritorialisation/reterritorialisation (Deleuze, Avenir de linguistique, 1976), comme un autre pouvoir, hétérogène à une langue principale, constituant alors une autre géolinguistique, non traitée par le pouvoir majoritaire/dominant ; il y a alors microluttes, réaction des subalternes.

Sont concernés par ce questionnement tant les arts et les artistes invisibilisés sur leur propre territoire, comme c’est souvent le cas des artistes autochtones, déprécié·e·s et rabaissé·e·s au rang d’artisan·e·s, que les artistes qui ont dû s’exiler pour s’exprimer.

Nous discutons donc également cette hypothèse dans le contexte québécois, auprès d’artistes réfléchissant à leur propre pratique (chorégraphes, dramaturges, plasticiennes et plasticiens, poètes, etc.). Ces démarches, tant celles des acteurs sociaux résidant sur leur territoire d’origine que celles des artistes exilés, peuvent mener à une désaliénation des savoirs qui dépassent la barrière de la langue.

Notre colloque pose la question exposée précédemment à partir du rapport entre langue et langage, pour une hybridation des savoirs entre discours linguistiques, artistiques et phénoménologie.

Axes de réflexion

1) Rapport entre langue hégémonique et langues/langages autres, dans une perspective sociophilosophique

2) La pratique artistique comme alternative à une langue hégémonique et aliénante

3) Processus contradictoires et compatibilité des savoirs

4) Perspectives de re-signification des savoirs lors de parcours croisés (croisements disciplinaires)

5) Catégorisations des arts et artisanats et leurs conséquences économiques (marchandisation versus valeurs)

Possibilités de publication des textes

Les conférenciers pourront soumettre un texte issu de leur présentation, au cours de l’été 2024, en vue d’une publication sous forme d’ouvrage collectif ou de numéro spécial de revue. Des informations supplémentaires seront fournies dans les prochains mois. Les articles soumis seront évalués par un comité de lecture.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
Discutant-e- de la session : Montserrat Fitó
section icon Date : 14 mai 2024

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