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Méthodes visuelles participatives avec des enfants malvoyants : enjeux épistémiques et savoirs situés

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Amélie Pierre : Université de Namur

Résumé de la communication

Les recherches menées avec des groupes minorisés incluant des enfants, posent des questions épistémologiques et épistémiques très riches, notamment en termes de reconnaissance des points de vue et de positionnements des chercheur-e-s.

Cette proposition prend pour point de départ, une recherche visuelle participative menée avec une classe de cinq élèves âgés de 7 à 12 ans, vivant minorisation et vulnérabilité marquée (origine étrangère, handicaps moteurs associés, troubles du langage, problèmes de santé lourds, contexte familial complexe, précarité économique et sociale).

Inscrite dans une recherche ethnographique plus vaste, la parole des enfants entre en dialogue avec celle des autres acteurs impliqués (enseignant-e-s, logopède, parents, jeunes et adultes malvoyant-e-s, travailleur-se-s social). Le dialogue porte sur l’inclusion des malvoyants dans le visible et suscite vives réactions et positions antagonistes. Les acteurs minorisés sont quant à eux unanimes et soulignent l’importance de cette inclusion. Les enfants s’impliquent intensément dans le dispositif visuel participatif, s’en saisissent comme d’un lieu qui leur est propre, permettant de riches modalités d’accès à leur regard. A partir des savoirs situés, il s’agira de réfléchir les enjeux épistémiques testimoniaux et herméneutiques de cette méthode visuelle participative menée avec des enfants minorisés. Quelle reconnaissance, quelle intelligibilité et quel savoir, cette méthode rend possible ?

Résumé du colloque

Ce colloque souhaite orchestrer une réflexion interdisciplinaire sur les injustices épistémiques—réflexion que l’on souhaite aborder sous divers angles (théorique, méthodologique, pratique, empirique). Champ de recherche fort dynamique, cette littérature s’intéresse aux diverses inégalités et injustices liées à l’acquisition, au partage et à la reconnaissance de certains savoirs, et aux liens étroits entre ces inégalités et les rapports de pouvoir. Ces recherchent tentent en outre de saisir comment les préjugés négatifs ambiants (e.g. sexistes, âgistes, capacitistes, sanistes, racistes, classistes) affectent la crédibilité accordée aux savoirs de certains groupes, mais aussi à réfléchir aux moyens de pallier à ces déficits de crédibilité et à la marginalisation. Bien que de nombreux écrits féministes et décoloniaux aient précédemment exploré certaines facettes des phénomènes en question, l’ouvrage phare de Miranda Fricker, Epistemic Injustice (2007), a donné un cadre analytique bien défini au sujet – un cadre repris, critiqué et amendé par plusieurs chercheurs et chercheuses dans la dernière décennie. L’importance et la pertinence de ce corpus est considérable pour les sciences sociales, car il soulève des enjeux complexes sur nos façons de produire et de partager des connaissances. Comment produire celles-ci avec les personnes et les communautés étudiées? Comment bien reconnaître les différentes formes de savoirs? Et comment réfléchir sur les inégalités produites par les nouvelles connaissances ou par certaines méthodologies de recherche?

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 14 mai 2024

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